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Les manifestations contre la hausse des prix se durcissent au Soudan

23/06/2012 09:07 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

De petites manifestations contre la hausse des prix ont de nouveau eu lieu samedi au Soudan, avec des slogans visant plus directement le gouvernement, après une journée de violences à Khartoum et dans plusieurs autres villes du pays.

"Nous ne serons pas gouvernés par la dictature", ont scandé 200 manifestants sur le marché central de Gedaref (est), où ils étaient rassemblés pour dénoncer la hausse des prix alimentaires, avant d'être dispersés à coups de matraque par la police, selon deux témoins.

Un journaliste de l'AFP a aussi pu constater les stigmates d'une manifestation ayant tourné à l'affrontement samedi dans le sud de Khartoum: pneus incendiés, rues jonchées de pierres, odeur de gaz lacrymogènes et policiers anti-émeutes en faction, sous le regard d'habitants terrés dans les petites rues.

Vendredi, des affrontements similaires avaient eu lieu dans de nombreux quartiers de la capitale et dans d'autres villes du pays, ce qui a constitué la plus forte mobilisation depuis le début du mouvement de contestation lancé le 16 juin par les étudiants de Khartoum.

A chaque fois, la police a fait usage de la force pour disperser au plus vite les manifestants, dont la mobilisation est cependant loin d'atteindre l'ampleur des mouvements de masse du Printemps arabe.

Ce mouvement symbolise "le rejet en masse des politiques d'oppression menées par le régime et son échec à gouverner ce pays", a affirmé dans un communiqué le mouvement de jeunes militants Sudan Change Now ("Le changement maintenant pour le Soudan").

"Le gouvernement doit immédiatement retirer les mesures d'austérité qu'il a adoptées et qui témoignent d'un déséquilibre dans les dépenses, puisqu'elles continuent de donner la priorité à la défense et à la sécurité, au détriment des services sociaux", a ajouté l'organisation.

Le Soudan, déjà l'un des pays les plus pauvres du monde, est confronté à une inflation qui a atteint 30% pour le seul mois de mai selon des chiffres officiels et devrait encore grimper avec la suppression cette semaine des subventions aux carburants, qui a fait bondir de 50% le prix de l'essence.

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