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Le régime intensifie sa répression, maintient l'ancienne garde au cabinet

23/06/2012 10:56 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Le régime syrien a intensifié sa répression de la révolte, responsable avec les combats de la mort cette semaine de centaines de personnes, et recherchait activement samedi les pilotes de l'avion turc abattu la veille.

Sur le plan politique, un nouveau gouvernement a été annoncé à Damas au sein duquel l'ancienne garde a été maintenue mais incluant pour la première fois un portefeuille de "réconciliation nationale", au moment où le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et l'assimile à du "terrorisme".

Ali Haïdar, qui dirige ce nouveau portefeuille, et Qadri Jamil, nommé au Commerce intérieur, sont deux membres de l'opposition basée à Damas mais qui n'appelle pas au départ du président Bachar al-Assad, comme le Conseil national syrien, la principale formation de l'opposition qui a son siège à l'étranger.

Le "faucon" de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a préservé son poste ainsi que le ministre de l'Intérieur Mohammad Ibrahim al-Chaar et son homologue de la Défense Daoud Rajha sous le coup de sanctions américaines pour son rôle présumé dans la répression de la révolte lancée le 15 mars 2011.

Quoiqu'il en soit, ce nouveau cabinet n'a aucune incidence sur la gestion de la crise, les clés du pouvoir étant tenus par le puissant clan de M. Assad.

Le régime a choisi d'intensifier les violences ces derniers jours avec des bombardements sans relâche des bastions rebelles comme à Homs (centre), à Deir Ezzor (est), à Idleb (nord-ouest), à Deraa (sud) et même près de Damas, et des assauts de localités, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au moins 40 personnes ont encore péri samedi, dont une majorité de civils et au moins dix soldats qui tentaient de faire défection, au lendemain d'une journée sanglante où 116 personnes ont trouvé la mort, a précisé la même source.

Les violences ont fait près de 400 morts depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres de l'ONG.

En plus des victimes quotidiennes, plus de 1,5 million de personnes ont désormais besoin d'une aide humanitaire en Syrie et plus de dizaines de milliers ont fui le pays dans les Etats frontaliers notamment en Turquie, selon l'ONU.

C'est avec ce dernier pays qu'une crise est née après la chute vendredi d'un avion turc abattu par les défenses aériennes syriennes. Mais elle semble s'apaiser, Ankara ayant reconnu que l'appareil a pu violer l'espace aérien syrien.

L'incident, le premier du genre depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011, est survenu alors que les relations entre les deux pays voisins autrefois alliés se sont envenimées après le choix du régime syrien de réprimer la contestation.

Un porte-parole de l'armée syrienne a affirmé que l'armée avait abattu un avion militaire turc "entré dans l'espace aérien syrien", s'écrasant à environ 10 km des côtes syriennes.

Le président turc Abdullah Gül a imputé l'incident à des "choses non intentionnelles qui se produisent en raison de la vitesse des avions", tandis que le vice-Premier ministre Bülent Arinç a appelé au calme.

Des recherches étaient en cours en Méditerranée pour tenter de retrouver les deux pilotes de l'appareil, un F-4 Phantom qui avait décollé du sud-est de la Turquie.

Ce pays abrite des camps de réfugiés et de déserteurs syriens --dont le chef de l'Armée syrienne libre (ASL) Riad Assaad, provoquant l'ire de Damas qui l'accuse d'armer les rebelles, ce que dément Ankara.

La révolte contre le régime Assad s'est militarisée au fil des mois en raison de la répression et l'impuissance de la communauté internationale à mettre fin au bain de sang qui a coûté la vie à plus de 15.000 personnes, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Selon le quotidien britannique The Guardian, les Saoudiens sont prêts à payer les salaires de l'ASL afin d'encourager les défections au sein de l'armée régulière et d'accroître la pression sur le régime de Damas.

Le quotidien assure en outre qu'un centre de commandement de 22 personnes, pour la plupart des Syriens, a été mis en place à Istanbul pour coordonner les livraisons d'armes avec les dirigeants de l'ASL en Syrie.

La Russie, allié du régime syrien, a signifié au régime qu'il devait faire "beaucoup plus" d'efforts pour mettre en oeuvre le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, resté lettre morte.

Occidentaux et Russes, même s'ils conviennent de ce plan, sont divisés sur la manière de régler la crise, les premiers réclamant un départ de M. Assad et des sanctions à l'ONU pour le forcer à appliquer l'initiative de M. Annan, les seconds rejetant toute ingérence étrangère dans ce pays.

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