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La Syrie, déchirée par les violences, se dote d'un nouveau gouvernement

23/06/2012 01:22 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

La Syrie, déchirée par plus de 15 mois de révolte réprimée dans le sang, s'est dotée samedi d'un nouveau gouvernement où l'ancienne garde a été maintenue et un portefeuille de "réconciliation nationale" a été créé pour la première fois.

En vertu du décret promulgué par le président Bachar al-Assad, les ministres des Affaires étrangères Walid Mouallem et de l'Intérieur Mohammad Ibrahim al-Chaar gardent leurs postes au gouvernement dirigé par l'ancien ministre de l'Agriculture Riad Hijab, a précisé la télévision d'Etat.

Le ministre de la Défense Daoud Rajha, nommé en août en pleine révolte, conserve également sa fonction. Il fait partie des personnes sanctionnées par les Etats-Unis, qui dénoncent la répression par le régime syrien du mouvement de contestation déclenché en mars 2011.

Un portefeuille de ministre d'Etat pour les "Affaires de la réconciliation nationale" a été créé pour la première fois dans l'histoire du pays. Néanmoins le régime ne reconnaît néanmoins pas l'ampleur de la contestation et assimile les opposants à des "terroristes".

Ali Haïdar, un membre de l'opposition tolérée par le régime, a été nommé à ce poste. Un autre opposant, ancien communiste, Qadri Jamil, est devenu vice-Premier ministre pour les Affaires économiques et ministre du Commerce intérieur et de la Protection des consommateurs.

Ces deux opposants co-président le "Front populaire pour le changement et la libération" créé en juillet 2011 et, tout en soutenant la contestation pacifique, n'appelle pas expressément au départ du régime et refuse toute intervention étrangère.

Le Conseil national syrien (CNS), la principale formation de l'opposition basée à l'étranger, réclame, lui, le départ du régime Assad.

Au gouvernement, l'avocat Omrane al-Zohbi a été désigné ministre de l'Information, selon l'agence officielle Sana, qui a précisé que cinq ministères avaient été rebaptisés.

Le nouveau cabinet, qui comprend 34 ministres dont huit ministres d'Etat, a été formé plus d'un mois et demi après les elections législatives boycottées par l'opposition et remportées par le parti Baas au pouvoir. Ces élections avaient été qualifiées de "mascarade" par les Occidentaux.

Le chef du CNS, Abdel Basset Sayda, a dénoncé la formation du gouvernement comme une nouvelle duperie. "L'annonce de ce gouvernement vise à donner l'impression que des réformes ont été appliquées et qu'il ne restait plus que le gouvernement à former", a-t-il dit à l'AFP à Beyrouth.

Au début de la contestation, le peuple syrien réclamait des réformes, "mais maintenant nous considérons Assad comme étant l'élement principal de la répression et qu'il ne peut par conséquent appliquer les réformes", a-t-il ajouté.

"C'est le clan (d'Assad) qui gouverne. Il n'y a aucun véritable changement" dans le cabinet, a-t-il dit ajoutant que les deux "opposants", MM. Jamil et Haïdar, "ne représentent pas l'opposition et sont soumis au pouvoir".

Depuis le début de la contestation en mars 2011, la répression de la révolte et les combats entre soldats et rebelles ont fait plus de 15.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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