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La police soudanaise emploie la force pour disperser des manifestants

23/06/2012 04:28 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le commandant des forces de police soudanaises a ordonné samedi que ses forces dispersent «fermement et immédiatement» des manifestations anti-gouvernementales qui en sont à leur septième jour d'affilée, alors que des groupes d'opposition font état d'un durcissement à l'encontre de leurs dirigeants.

Le général Hashem Othman al-Hussein a demandé à ses adjoints de confronter «les émeutes... et les groupes derrière celles-ci», a rapporté l'agence de presse officielle SUNA. Il s'agit d'une rare admission par les médias d'État de l'existence de manifestations qui se sont concentrées à Khartoum, mais qui se sont également étendues à une capitale provinciale.

Les protestataires rejettent un plan d'austérité gouvernemental qui réduit les subventions et double le prix du carburant et de la nourriture. Ils semblent toutefois être également inspirés par les révoltes du printemps arabe survenues en Égypte et en Libye voisines, et demande le départ du président soudanais de longue date Omar el-Béchir. Certaines vidéos diffusées sur des médias sociaux montrent des manifestants scandant: «Nous ne serons pas dirigés par un dictateur.»

Des rassemblements ont rapidement été dispersés par des troupes utilisant des gaz lacrymogènes, affirment des militants, et, dans un nouveau développement, la police a effectué des descentes dans les demeures des dirigeants de l'opposition.

Siddique Tawer, un membre du parti soudanais Baath, a déclaré que le porte-parole du parti Mohammed Diaa Eddin avait été arrêté chez lui, tôt samedi.

Les arrestations et les nouvelles directives données à la police sont un signe de nervosité, affirme M. Tawer.

«Ils ont peur de la rue. Ils tentent de terroriser les gens», a-t-il déclaré au téléphone à partir d'Al-Ubbayid, la capitale provinciale du Kordofan du Nord, dans le sud-ouest. «Ils ne peuvent mettre fin à ces manifestations. Elles sont légitimes, contre les politiques économiques du gouvernement, contre la corruption et contre la répression des libertés.»

À Al-Ubbayid, un petit nombre d'étudiants universitaires ont manifesté à l'extérieur de leur campus, samedi, et ont été rejoints par des passants, a-t-il dit. La police a tiré des grenades lacrymogènes pour les disperser.

La radio d'État avait annoncé plus tôt que 150 protestataires avaient attaqué un groupe de policiers pendant la nuit, endommageant un véhicule de police et forçant les autorités à utiliser des gaz lacrymogènes pour les mettre en déroute.

Le porte-parole du Parti national du Congrès (au pouvoir), Badr Eddin Ahmed Ibrahim, a de son côté peu porté attention aux manifestations, affirmant qu'elles étaient principalement l'oeuvre d'étudiants universitaires et qu'elles servaient de prétexte aux partis d'opposition pour provoquer de l'agitation contre le gouvernement.

«Les partis d'opposition n'ont pas de buts spécifiques», a-t-il déclaré, selon des commentaires publiés par le site Internet semi-officiel Sudan Media Center.

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