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La CLASSE pourrait ne pas recevoir sa part du spectacle des humoristes indignés

23/06/2012 01:18 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) pourrait ne pas toucher sa part des profits réalisés lors du spectacle-bénéfice de la Coalition des humoristes indignés (CHI).

Le directeur de la clinique juridique Juripop Marc-Antoine Cloutier l'a laissé entendre, samedi, affirmant notamment que des participants au spectacle n'avaient pas vraiment apprécié d'avoir fait l'objet de critiques de militants de la CLASSE.

La CLASSE, elle-même, hésite à récolter sa part des profits qui se seraient élevés, selon l'organisateur du spectacle, Daniel Thibault, à 25 000 $.

M. Cloutier se dit frustré par la situation. Il a affirmé avoir demandé, à trois reprises, à la CLASSE si elle avait besoin de consulter son congrès pour participer et recevoir une partie des profits du spectacle de la CHI. À trois reprises, la CLASSE a dit que cette consultation n'était pas nécessaire.

Le directeur de Juripop a fait signer une entente au porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois, alors membre de l'exécutif, et à Philippe Éthier, qui siégeait également au comité exécutif de l'organisation étudiante à ce moment-là.

Pourtant, le dimanche 14 juin — la veille du spectacle — la CLASSE a retiré un lien pour l'événement de la CHI de son site Web. Selon M. Cloutier, elle aurait également envoyé un courriel à sa base militante pour l'avertir qu'elle devait attendre une décision du congrès avant d'accepter, ou non, sa part des profits.

Le dernier congrès de la CLASSE s'est terminé la même journée. Des questions ont alors été soulevées quant au fait que certains humoristes qui allaient participer au spectacle-bénéfice du lendemain entretenaient des propos sexistes et homophobes.

«Habituellement, une décision prise par le conseil exécutif ne pose pas de problème, reconnaît la porte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds. Mais on avait reçu des critiques d'associations étudiantes et de militants, et on a voulu ouvrir le débat. Des gens ont alors proposé de pas accepter une part des profits.»

Faute de quorum, la question n'a pas été débattue au congrès, et la CLASSE a choisi de geler les fonds en attendant le congrès du 3 juillet. Elle a enlevé le lien de son site Web, mais au moment de la faire, «tous les billets étaient déjà vendus», souligne Mme Reynolds.

La CLASSE a cependant omis d'aviser la clinique Juripop de sa décision.

C'est donc dans les médias que M. Cloutier a appris le choix de la CLASSE, et il a déduit que celui-ci expliquait l'absence des porte-paroles de l'organisation au spectacle-bénéfice du lundi 15 juin.

«Un minimum aurait été de nous dire: "un instant, je dois aller voir mon congrès et je reviens", lance M. Cloutier. Aujourd'hui, ce qui frustre davantage les humoristes, ce n'est pas la position de quelques radicaux au sein de la CLASSE, c'est le fait que l'organisation n'a pas tenu parole.»

Mais Mme Reynolds voit les choses autrement. Elle soutient que la CLASSE s'était entendue pour faire la promotion du spectacle sur réseaux sociaux, entre autres, mais que la présence des porte-parole le soir de l'événement n'avait pas été confirmée, de manière officielle du moins.

«Ce n'était pas dans l'entente, c'était plutôt informel», affirme-t-elle.

«L'attaché de presse de Juripop savait que les porte-paroles n'étaient pas disponibles ce soir-là. C'était clair.»

Une décision finale sera prise mardi matin quant au partage des profits au cours d'une réunion entre les créatrices de l'événement, les soeurs Luce et Lucie Rozon, Marc-Antoine Cloutier ainsi que l'organisateur de l'événement, Daniel Thibault, notamment.

Selon M. Cloutier, les artistes et les humoristes «mettent beaucoup de pression sur l'organisation pour que ceux qui les ont critiqués ne bénéficient pas des fonds amassés».

«Les humoristes ont fait le spectacle de façon bénévole. Ils en ont subi les conséquences, car ce ne sont pas tous leurs clients qui soutiennent la contestation de la loi 78. Un minimum serait de les remercier, pas de les critiquer. Je comprends qu'ils soient fâchés.»

M. Cloutier indique donc que Juripop ne prendra pas la décision de «sortir» la CLASSE du partage des profits mardi, car ce n'est pas elle qui a décidé d'inviter l'organisation au spectacle.

«C'était une initiative de Daniel Thibault et des soeurs Rozon», rappelle-t-il.

Si la CLASSE ne touche pas sa part des profits du spectacle, ceux-ci iront tous à Juripop, qui représente la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ) ainsi que certaines personnes arrêtés lors de manifestations dans la contestation de la loi 78.

«Si on ne reçoit pas d'argent, il restera dans la contestation juridique. Il ira donc à une bonne cause», se console Mme Reynolds.

La CLASSE a ses propres avocats.

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