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GP d'Europe - Le paquebot de la Formule 1 ne craint pas la crise espagnole

23/06/2012 08:59 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Le grand paquebot de la Formule 1, sport ultra-médiatisé géré de main de maître par Bernie Ecclestone, est amarré ce week-end dans le port de Valence, pour un Grand Prix d'Europe en sursis, sur un tracé urbain, dans une Espagne confrontée à une grave crise économique.

Les deux pilotes espagnols de cette saison 2012, Fernando Alonso (Ferrari) et Pedro de la Rosa (HRT), n'ont pas fait dans la langue de bois quand on leur a demandé vendredi, en conférence de presse FIA, ce qu'ils pensaient de la crise et s'ils trouvaient choquant de venir courir en Espagne.

"Nous sommes tristes et inquiets car la situation n'est pas idéale, mais la F1 c'est un autre sujet, le sport. Ca permet d'organiser un bel événement dans une ville qui sera dimanche sur des millions de télévisions dans le monde entier, donc c'est une très bonne publicité", a dit Alonso.

"La crise économique n'est pas qu'en Espagne ou en Europe, elle est mondiale, et si on commence comme ça on n'en finit plus: est-ce qu'il faut organiser un Euro de football en Pologne, ou même des Jeux Olympiques ? On peut toujours se demander si c'est nécessaire ou non...", a ajouté le double champion du monde.

Bien calé en fond de peloton, dans sa modeste HRT "made in Madrid" conçue avec un budget dérisoire, le très expérimenté de la Rosa, 41 ans, a abondé dans son sens: "Fernando a raison, c'est terrible pour l'Espagne, l'Europe, le monde. Nous avons des amis à Barcelone qui ont perdu leur emploi. Tout ce qu'on peut faire, c'est se concentrer sur notre travail et assurer un beau spectacle samedi et dimanche, pour leur faire plaisir".

"HRT (ex-Hispania) est aussi un bon exemple de ce qu'on peut faire en Espagne aujourd'hui: investir dans une période difficile, donner des opportunités à des jeunes mécaniciens, ingénieurs, pilotes", a ajouté Pedro. "Ca va mal, mais les crises vont et viennent, ce n'est pas la fin du monde. Il faut regarder devant nous et attendre les longues lignes droites à venir".

La présence d'une écurie espagnole, même en fond de grille, est un atout supplémentaire pour attirer le public, à Valence, autour du circuit qui avait accueilli en 2007 la Coupe de l'America à la voile.

Ca ne devrait pas suffire à éviter l'alternance avec Barcelone, dès l'an prochain, à cause surtout du déficit de la "Generalitat Valenciana" qui a signé le contrat avec Bernie Ecclestone. Elle a aussi pris d'autres engagements financiers, avant la crise, ce n'est donc pas que la faute de la F1.

Un seul Grand Prix chaque année, à Barcelone ou à Valence, ce serait donc mieux que rien pour des Espagnols fiers mais lucides. L'alternance est à la mode, elle est déjà en place en Allemagne (Nürburgring/Hockenheim) et "Bernie", toujours très au fait de l'actualité économique, a discuté dès son arrivée, jeudi soir, avec le promoteur et les autorités locales.

Lundi, le grand paquebot de la F1 quittera le port de Valence. Alonso aura peut-être gagné le Grand Prix d'Europe, dans une Ferrari rouge, et la "Roja" un quart de finale de l'Euro contre la France. La crise espagnole continuera, le football et la F1 aussi.

dlo/gd

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