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Euro-2012 - Italie: Balotelli, l'impatient anglais

23/06/2012 08:30 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

L'Italien Mario Balotelli, surnommé "l'agaçant" Outre-Manche où ses excès font les délices des tabloïdes, rêve de prouver son talent au monde entier, justement contre l'Angleterre, lors d'un quart de finale de feu à l'Euro-2012, dimanche à Kiev.

"Citizen Mario" retrouve les Anglais. Le buteur de Manchester City, star adulée ou détestée, est vraiment entré dans son Euro avec son superbe but contre l'Eire (2-0). Il sortait du banc, après deux titularisations improductives aux deux premiers matches, accréditant la thèse qu'il faut le piquer au vif pour qu'il soit bon.

Mais Cesare Prandelli a besoin de sa puissance physique pour bouger la défense anglaise et devrait à nouveau l'aligner d'entrée.

Car les Britanniques savent que "MadMario" (Mario le fou), 22 ans, n'est pas qu'un phénomène de foire, mais aussi un joueur talentueux, auteur de 27 buts et de nombreuses passes décisives en deux saisons, notamment celle pour le but du titre signé "Kun" Agüero dans les dernières secondes du dernier match de la saison (City bat QPR 3-2).

Mais c'est surtout le personnage médiatique qui passionne et révulse à la fois. "L'infuriating" (l'agaçant) est une star des médias, sa vie sexuelle s'étale dans les tabloïdes, de sa liaison supposée avec une actrice pornographique à sa rupture avec Raffaella Fico, mannequin pour lingerie.

La star s'insurge: "Quand tu es célèbre, les gens s'intéressent plus à ta vie privée, ça me fatigue, dit-il. Les journaux anglais comme le +Sun+ sont pires que les italiens. Un journal qui met des femmes nues en première page me dégoûte. Dans le genre, je préfère quand même l'Italie".

"Balo" a même l'honneur d'un surnom littéraire, "Docteur Jekyll et Mister Hyde", car il peut faire du cent et du zéro.

Dans l'affaire des feux d'artifices qui faillirent mettre le feu à son domicile, il avait montré un tee-shirt floqué "Why always me?" (Pourquoi toujours moi?) juste après avoir signé un but d'anthologie dans le 6-1 passé à United dans le derby.

Son coéquipier Leonardo Bonucci, de trois ans son aîné, s'efforce de l'apaiser. "Je lui dis: +Ne pense pas à tout ça, joue et souris! Mais tu te rends compte qu'on nous paye pour s'amuser?+", explique le défenseur de la "Nazionale".

"Personne ici ne le connaît aussi bien que moi, ajoute Bonucci. J'ai joué avec lui dans la +Primavera+ (l'équipe des jeunes) de l'Inter Milan. A l'époque, il n'avait que 17 ans mais déjà beaucoup de caractère."

Il a peut-être épargné une sanction à "Balo" qui commençait à hurler après son but aux Irlandais. "Il est comme ça, de temps en temps, il fait une stupidité, explique Bonucci. Heureusement que j'étais là pour lui fermer la bouche! A la fin, il m'a remercié. Mario, on y tient!"

Sur le terrain, il peut aussi faire pire, à l'image de ses quatre cartons rouges en deux saisons à City. Un essuyage de crampons sur Scott Parker (Tottenham) lui a coûté une suspension en Angleterre et une sanction d'un match en équipe d'Italie, au nom du code éthique de Prandelli.

Mais Parker, qu'il va croiser samedi, est bon prince: "Ce sont des choses qui arrivent dans le football. Il a payé pour ça et je n'éprouve aucune rancoeur".

"Je fais des choses surprenantes, parfois amusantes, mais je ne suis pas barjot", avait plaidé Balotelli au printemps.

Auteur de deux buts en 11 sélections, Balotelli n'a pas encore convaincu le monde entier. Pour l'instant, il ne marque qu'en Pologne: le but contre l'Eire à Poznan et un premier en amical contre la Pologne à Wroclaw (2-0), les deux fois sur une frappe surpuissante.

Les Anglais sont prévenus.

eba/sk

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