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Euro-2012 - France: Blanc a manqué son coup de bluff contre l'Espagne

23/06/2012 04:53 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Le sélectionneur de l'équipe de France Laurent Blanc a perdu son pari tactique contre l'Espagne, son modèle offensif (2-0), en quart de finale de l'Euro-2012 en tentant de la piéger avec une équipe étonnamment défensive samedi à Donetsk.

"Il y a un coup à jouer, avait-il pourtant estimé vendredi. Il faudra s'adapter à leur jeu, mais ça ne veut pas dire se priver de nos propres forces. Donc, on va élaborer une équipe qui nous permette de faire les deux. A ce niveau, il n'y a aura pas de surprise."

Roublard, Blanc a pourtant tenté d'innover pour contrarier l'Espagne en alignant au coup d'envoi une équipe totalement expérimentale et construite sur une forte base arrière.

Pour empêcher son adversaire de déployer son jeu aux abords de sa propre surface, Blanc a en effet tenté de déployer une toile d'araignée.

Pour se faire, il s'est passé de la pierre angulaire Samir Nasri en le remplaçant dans le couloir droit par Debuchy. Habituellement latéral, le Lillois était cette fois-ci couvert dans son dos par Reveillère, qui a fait ses premiers pas dans la compétition. Dans l'autre couloir, il a en revanche laissé Clichy, en misant sur sa vitesse en phase offensive.

Au milieu, cinq hommes étaient censés bloquer les initiatives adverses. Avec Debuchy à droite, Cabaye, Mvila et Malouda devaient boucher l'axe. Quant à Ribéry, sa tâche était de bloquer le couloir gauche en phase défensive et de vite se projeter à hauteur de Benzema, seul en pointe, en phase offensive.

Avec ce dispositif, l'idée de Blanc était d'apporter le surnombre dans le coeur du jeu pour parvenir à limiter l'outrageante possession de balle espagnole avec des joueurs comme Cabaye ou Malouda nettement plus techniques que Diarra tout en misant justement sur le sens de la passe de ces hommes, la vitesse de Ribéry et le sens de la contre-attaque de Debuchy pour se montrer dangereux en contre-attaque.

La veille pourtant, Blanc avait laissé entendre dans son discours qu'il était disposé à faire quelques aménagements. Une politique déjà entrevue lors des deux derniers matches lorsqu'il avait tenté de masquer son jeu en réalisant quelques coups: pari réussi contre l'Ukraine avec la titularisation de Ménez, mais raté contre la Suède avec celle de Ben Arfa.

"On sait que l'Espagne a un certain type de jeu. Tout le monde essaye de les contrecarrer mais, pour l'instant, personne n'y est arrivée. Mais certaines équipes les ont ennuyées comme l'Italie (1-1 au 1er tour), avec une solidarité incroyable et surtout une efficacité défensive exceptionnelle. Ce sont deux qualités qu'il faudra avoir demain."

Le plan, intéressant sur le papier, a volé en éclat après 20 minutes et l'ouverture du score sur la 1re et quasiment seule occasion de l'Espagne.

Construite pour faire déjouer l'adversaire, la France s'est alors retrouvée trop peu outillée offensivement pour peser et approcher de Casillas avec un Benzema obligé de descendre pour permettre à ses partenaires de le trouver.

D'autant que la Roja, qui avait alors fait le plus dur, a desserré un peu son étreinte avec le luxe de pouvoir voir venir.

Sur quelques coups de pied arrêtés et quelques rares coups, la France, redevenue fidèle à ses aspirations avec la double entrée de Ménez et de Nasri (64) aurait pourtant pu continuer de croire en sa chance, mais la précision lui a alors trop cruellement manquée.

Si les intentions de Blanc étaient peut-être les bonnes, il peut cependant se mordre les doigts de la mauvaise application de son plan. Car au vue de leur deuxième période, les Bleus ont montré qu'ils auraient pu espérer faire douter la Roja s'ils avaient atteint la pause à leur hauteur.

cd/ep

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