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Euro-2012 - Allemagne: les bons tours de l'imprévisible Monsieur Löw

23/06/2012 08:18 EDT | Actualisé 23/08/2012 05:12 EDT

Le sélectionneur allemand Joachim Löw n'est jamais là où on l'attend et l'a encore démontré avec succès, vendredi, en faisant le pari gagnant de la jeunesse pour bouleverser son attaque, lors du quart de finale de l'Euro-2012 face à la Grèce (4-2).

Combien de sélectionneurs auraient osé titulariser pour la première fois dans une grande compétition internationale deux jeunes - 21 et 23 ans -, sans grande expérience internationale, que ce soit en club ou en sélection nationale (20 sélections à peine à eux deux), pour un match à élimination directe ?

Surtout en laissant sur le banc deux cadres chevronnés (Müller et Podolski) et le meilleur buteur de la compétition, Mario Gomez (3 buts)!

"Je n'étais pas du tout mécontent des joueurs, après trois victoires au premier tour (...) vraiment pas", a tenu à rassurer le technicien, après le match.

A vrai dire, il s'agissait plutôt d'une option tactique assumée: "je me suis dit que les Grecs devaient s'être bien préparés, avoir bien étudié notre jeu, nos courses. C'était pour être imprévisible", a-t-il expliqué.

Option payante puisque l'Allemagne, avec ce surcroît de vivacité, a déchiré le rideau défensif grec à de nombreuses reprises durant les 45 premières minutes même si elle a dû attendre la seconde période pour faire définitivement la décision.

Confronté à un début de grogne du banc de touche, en particulier du milieu de terrain Toni Kroos, seul des huit joueurs du Bayern à ne pas débuter régulièrement les matches, Löw avait assuré que les remplaçants auraient leur chance et que l'Allemagne gagnerait cet Euro "à 23".

Joueurs comme staff avaient beau répéter que "le banc est incroyablement riche", que tous étaient "très très forts", que la "concurrence (était) acharnée", jusqu'ici le même onze démarrait les rencontres, à l'exception de Jerome Boateng, suspendu contre le Danemark.

A cette occasion déjà, Löw avait innové en titularisant Lars Bender, un milieu de terrain qui n'avait jamais évolué à ce poste, pas même en club. Résultat: Bender avait marqué le but du 2-1 à dix minutes de la fin qui libérait complètement l'Allemagne.

Interrogé sur ses modes de décision, "Jogi", le perfectionniste, avait admis qu'aussi poussées que puissent être ses analyses, c'était parfois "les tripes" qui le guidaient.

Sa première audace aura été de titulariser Mats Hummels, 23 ans, en charnière centrale, plutôt que l'expérimenté Per Mertesacker (27 ans, 81 sélections), remis d'un longue blessure, mais en manque de rythme.

Choisir Mario Gomez comme avant-centre titulaire pour les trois premiers matches, plutôt que Miroslav Klose (64 buts en 120 sélections) n'était pas non plus une évidence.

Là encore, intuition géniale: Hummels est, avec Sami Khedira, le meilleur allemand depuis le début de l'Euro et Gomez a marqué les trois buts qui ont permis à l'Allemagne de dominer le Portugal (1-0) puis les Pays-Bas (2-1).

Mertesacker et Klose avant le premier match et Müller avant le quart de finale, avaient été conviés à venir répondre aux journalistes, accréditant l'hypotèse de leur titularisation.

"Vous devez reconnaître que je ne suis pas si mauvais quand il s'agit de faire des surprises", en avait souri Löw après l'ouverture réussie contre le Portugal.

Autant dire que les joueurs annoncés pour les conférences de presse d'ici à la demi-finale ont du mouron à se faire.

hap/grd

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