Les derniers jours ont été bien remplis pour Jacques Duchesneau. Après avoir subi un contre-interrogatoire serré à la commission Charbonneau cette semaine, il a répondu aux questions de la journaliste Isabelle Richer. Au cours de l'entretien, il a notamment défendu le rapport qu'il a soumis sur le financement des partis politiques et la crédibilité de ses sources.

L'ex-patron de l'Unité anticollusion a élaboré ce rapport, à titre personnel et bénévolement, à partir des témoignages de 13 personnes. Il fait notamment valoir que trois de ces témoins, des organisateurs politiques qui ne se connaissent pas, sont d'accord pour affirmer qu'au moins 70 % du financement des partis politiques est d'origine occulte.

« Cet argent a servi à payer des factures pendant les campagnes électorales et à enrichir certaines personnes. » -- Jacques Duchesneau
Il a expliqué qu'il comprenait que des politiciens ne soient pas au courant de certaines tractations puisqu'elles sont difficilement détectables. Il a souri lorsque la journaliste lui a demandé s'il avait pu être victime de ces stratagèmes lorsqu'il s'est présenté à la mairie de Montréal. Il a répondu que sa défaite pouvait témoigner de l'honnêteté de sa campagne.

Par ailleurs, M. Duchesneau a laissé entrevoir qu'il y aura des révélations intéressantes lorsque les audiences de la commission Charbonneau reprendront cet automne.

Duchesneau songe à demander le statut de participant

Interrogé à savoir s'il pourrait être participant au sein de la commission, c'est-à-dire interroger des témoins et en proposer, l'ancien chef de la police de Montréal n'a pas rejeté l'idée.

Des dizaines de courriels d'informations

Jacques Duchesneau affirme aussi qu'il a reçu quelque 200 courriels depuis son témoignage.

« Certains disent que le rapport est un pâle reflet de la réalité. La moitié d'entre eux contiennent des informations que j'ai transmises à la commission. », a dit Jacques Duchesneau.

M. Duchesneau réitère que c'est un système qu'il faut détruire et que les actions de l'escouade Marteau, même s'il salue ses opérations, ne peuvent pas venir à bout d'un tel système.

Il distingue le travail des policiers de celui de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qu'il décrit comme une « bureaucratie ».