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Syrie: l'armée tue des manifestants, 26 partisans du régime abattus

22/06/2012 10:12 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Les troupes syriennes ont tiré vendredi sur les manifestants anti-régime à travers le pays, en tuant au moins neuf dans la région d'Alep, tandis que 26 partisans du président Bachar al-Assad ont péri dans une embuscade dans la province de cette ville du nord.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, notamment dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest), pour réclamer une nouvelle fois la chute du régime qui poursuit sa guerre sans merci contre la contestation pacifique et les rebelles armés qu'il assimile à des "terroristes".

A Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé avoir signifié à son homologue syrien que Damas devait faire "beaucoup plus" d'efforts pour mettre en oeuvre le plan de sortie de crise de Kofi Annan, désormais caduc avec l'intensification de la répression et des combats entre armée et rebelles, au prix de dizaines de morts au quotidien.

Face à une situation qui se dégrade au fil des jours, l'émissaire international Kofi Annan et le chef de la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, Robert Mood, s'expriment à Genève sur l'avenir de cette mission dont le mandat expire le 20 juillet.

Dans la région d'Alep, à Darat Ezzat, au moins 25 personnes ont été tuées par balles et mutilées par "des groupes terroristes armés", selon la télévision officielle, qualifiant l'acte de "crime barbare".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), il s'agit de partisans du régime syrien qui ont été tués dans une embuscade.

"Voici les chabbihas du régime d'Assad", affirme une personne filmant une vidéo de la scène, en référence aux miliciens pro-régime accusés de semer la terreur dans le pays depuis la révolte.

Toujours dans la région d'Alep, deux membres des forces de sécurité ont été tués dans une attaque rebelle.

Neuf civils, dont un enfant, ont par ailleurs été tués par des tirs sur des manifestations dans la région d'Alep, deuxième ville du pays, selon l'OSDH.

Huit autres civils, dont deux enfants, ont également péri dans des violences, dont un à Damas, notamment dans des bombardements et des tirs des troupes du régime à Deraa (sud) et Idleb et près de la capitale.

"Silence arabe et international en dépit des massacres et du massacre du peuple syrien", ont dénoncé des manifestants dans la province de Hassaka (nord-est).

Les violences ont fauché la vie à plus de 250 personnes ces deux derniers jours. Jeudi a été "la journée la plus sanglante depuis l'instauration du cessez-le-feu, et l'une des plus sanglantes depuis le début de la révolte" le 15 mars 2011, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Et selon cette ONG, plus de 15.000 personnes, en majorité des civils, ont péri en plus de 15 mois de révolte dans le pays.

L'escalade, notamment à Homs, a fait échouer jeudi deux tentatives du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant rouge syrien pour évacuer des blessés et des civils de cette troisième ville de Syrie de nouveau pilonnée et théâtre de combats entre soldats et rebelles. Le Croissant rouge est en revanche toujours sur place pour tenter d'entrer dans les quartiers sensibles.

Selon Abou Bilal, militant sur place, "70% de l'infrastructure de Homs a été détruite" et la ville est presque vidée de ses habitants.

Dans ce contexte, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a annoncé que plus de 1,5 million de personnes ont désormais besoin d'aide humanitaire en Syrie. "La situation humanitaire continue de se détériorer".

Occidentaux et Russes sont à couteaux tirés sur le dossier syrien, les premiers réclamant un départ de M. Assad et des sanctions à l'ONU pour le forcer à appliquer le plan Annan et les deuxièmes, alliés du régime, rejettent toute ingérence étrangère dans ce pays.

Moscou, qui semble avoir pris ses distances ces dernières semaines avec Assad, a toutefois appelé Damas "à faire plus".

M. Lavrov a toutefois rappelé que la Russie n'a "pas l'intention de se justifier" face aux Etats-Unis sur ses livraisons d'armes à la Syrie.

Le président russe Vladimir Poutine se rend la semaine prochaine en Israël et en Jordanie pour défendre sa position sur les crises dans la région, essentiellement syrienne.

Après la première défection jeudi d'un pilote de chasse syrien qui a atterri aux commandes de son MiG-21 en Jordanie où il a obtenu l'asile politique, les Etats-Unis ont espéré de nouvelles désertions du genre, leur ambassadeur à Damas appelant les soldats à ne plus soutenir le régime Assad.

La France s'est félicitée de la défection, estimant qu'il a "fait le choix de la dignité et de la lutte pour la liberté face à la barbarie du régime syrien".

L'état-major des armées turques a par ailleurs annoncé avoir perdu le contact radar avec un de ses appareils au-dessus de la Méditerranée orientale, dans un secteur proche de la Syrie.

Et le Royaume-Uni a refusé d'accorder un visa au président du Comité olympique syrien, le général Mowaffak Joumaa, qui ne pourra pas assister aux Jeux de Londres de juillet-août, selon la BBC, en raison de ses liens avec le régime de M. Assad.

bur-ram/vl

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