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22/06/2012 11:32 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Somalie: adoption d'un projet de Constitution pour sortir de 21 ans de crise

Les dirigeants somaliens ont annoncé avoir adopté vendredi un projet de Constitution, présenté comme une clé pour sortir le pays de vingt et un ans d'instabilité et de guerre civile.

Ce projet de Loi fondamentale sera soumis d'abord à l'approbation d'une Assemblée constituante, qui doit être désignée le mois prochain, puis à une date non précisée à une adoption par referendum par l'ensemble du pays.

"Il s'agit du moment le plus important car il lance la principale mesure en vue de mettre un terme à la période de transition" en Somalie, a déclaré à la presse à Nairobi Augustine Mahiga, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la Somalie.

L'adoption du texte est le fruit de trois jours de réunion dans la capitale kényane entre le président somalien Sharif Cheikh Ahmed, le Premier ministre Abdiweli Mohamed Ali, le président du Parlement Sharif Hassan Cheikh Adan, les présidents des républiques autonomes somaliennes autoproclamées du Puntland et de Galmudug, Abdirahman Farole et Ahmed Alin, et le chef du mouvement sunnite Ahlu Sunna Wal Jamaa, Mohamed Mohamed Youssouf.

Les institutions de transition somaliennes, dont la présidence et le Parlement, créées en 2004, doivent céder la place à des institutions définitives au plus tard le 20 août prochain, même si les protagonistes sont déjà en retard sur le calendrier fixé par la communauté internationale pour y parvenir.

Les chefs traditionnels somaliens doivent désigner les membres d'une Assemblée constituante, censée tenir sa session inaugurale vers le 12 juillet, ainsi que ceux du prochain Parlement.

Ce Parlement doit élire un président pour le pays au plus tard le 20 août, étape finale de la mise en place des nouvelles institutions.

Une force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), des contingents envoyés par le Kenya et l'Ethiopie, ainsi que l'embryonnaire armée somalienne ont réussi à chasser les insurgés islamistes shebab de la capitale Mogadiscio et à conquérir plusieurs de leurs bastions du sud et du centre du pays ces derniers mois, relançant de fragiles espoirs de retour à la normalité dans le pays.

La Somalie est privée de gouvernement central et livrée à la guerre civile depuis la chute du dictateur Siad Barre en 1991.

L'Ethiopie a fait savoir ses forces resteraient en place jusqu'à la mise en place d'un gouvernement effectif en Somalie.

"Les forces éthiopiennes resteront jusqu'à ce qu'une Constitution soit ratifiée en Somalie (...) et qu'un nouveau gouvernement démocratique constitutionnel soit en place", a déclaré vendredi à la presse à Addis Abeba un porte-parole du gouvernement éthiopien, Shimeles Kemal.

Ce porte-parole a également démenti que les soldats éthiopiens, qui ont notamment pris aux shebab leurs bastions de Baidoa et Beledweyne, aient récemment évacué certaines localités en Somalie, comme des témoins sur place l'ont rapporté.

Le projet de Constitution somalienne, qui doit prendre le relais d'une "charte de transition" adoptée en 2004, prévoit par ailleurs un Etat fédéral accordant un assez large degré d'autonomie en son sein, pour tenir compte des aspirations en ce sens de nombreuses régions du pays.

"Ces Etats jouent un rôle important au sein de la République fédérale de Somalie. La Constitution consacre des dispositions aux Etats déjà existants au sein de la Somalie, et à ceux qui se formeront à l'avenir", a déclaré à la presse le Premier ministre M. Ali.

Le Somaliland, qui a annoncé unilatéralement dès 1991 son indépendance du reste de la Somalie, n'a pas participé aux travaux constitutionnels.

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