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22/06/2012 07:43 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Norvège: Anders Breivik réclame son acquittement au dernier jour de son procès

OSLO - Au dernier jour de son procès vendredi, l'extrémiste Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes lors des attaques de l'été dernier en Norvège, a réclamé son acquittement, affirmant avoir perpétré ce massacre pour empêcher le pays de devenir un «enfer multiculturaliste».

Son avocat, Geir Lippestad, avait auparavant demandé que Breivik soit reconnu criminellement responsable de ses actes et a invité le tribunal à ne pas suivre la position adoptée par l'accusation, qui s'est prononcé jeudi pour un internement psychiatrique. Me Lippestad a plaidé l'acquittement ou la peine de prison la plus clémente possible.

Anders Breivik, qui a reconnu les faits mais qui rejette toute culpabilité, tient à prouver qu'il est sain d'esprit, alors que son cas divise les psychiatres. Juste avant l'ouverture de son procès, une contre-expertise psychiatrique l'a jugé criminellement responsable, contredisant le premier rapport qui le considérait comme psychotique et souffrant de «schizophrénie paranoïde».

Prenant la parole en dernier lors de l'audience de vendredi, le Norvégien de 33 ans a lu une déclaration préparée à l'avance, une longue tirade contre l'immigration, l'islam et le Parti travailliste qu'il accuse d'avoir trahi la Norvège.

Il fallait empêcher le pays de devenir un «enfer multiculturaliste», a-t-il affirmé pour justifier l'attentat à la bombe devant le siège du gouvernement, puis le massacre de l'île d'Utoya, dans la banlieue d'Oslo, où se tenait un camp d'été des jeunes travaillistes.

«L'histoire montre qu'il faut perpétrer une petite barbarie pour empêcher une plus grande barbarie. Les attentats du 22 juillet étaient des attaques préventives pour défendre le peuple norvégien de souche. Je réclame dès lors d'être acquitté», a-t-il lancé.

C'est aussi ce qu'a ce demandé son avocat, mais il s'agit d'une pure formalité puisque cette requête n'a aucune chance d'être acceptée. Pour la défense de Breivik, l'enjeu est de démontrer qu'il est sain d'esprit et qu'il ne doit donc pas être interné.

«Le 22 juillet était un enfer de violence. (...) Que la petite et tranquille Norvège soit frappée par un tel attentat terroriste est pratiquement impossible à comprendre», a noté l'avocat.

Selon lui, cela explique en partie que les psychiatres soient parvenus à des conclusions différentes. Breivik n'a pas agi sous l'emprise d'une pulsion meurtrière, mais par idéologie politique, a poursuivi l'avocat.

«Il a réalisé qu'il est mal de tuer, mais il a choisi de tuer. C'est ce que font les terroristes», a fait valoir Me Lippestad. «La fin justifie les moyens. On ne comprend pas ça si on ne comprend pas la culture des extrémistes de droite.»

À l'issue du procès qui s'est ouvert le 16 avril, le jugement a été mis en délibéré et le verdict sera rendu le 24 août. S'il est reconnu criminellement responsable par les juges, Breivik encourt une peine maximale de 21 ans de prison. Sa détention pourrait être prolongée jusqu'à ce qu'il ne représente plus de danger pour la société. S'il est déclaré non criminellement responsable, il sera interné dans un établissement psychiatrique, probablement à vie, a laissé entendre le ministère public jeudi.

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