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22/06/2012 03:52 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Les étudiants évoquent de nouvelles perturbations sociales au mois d'août

QUÉBEC - Des manifestants opposés à la hausse des droits de scolarité ont fait sentir leur présence, vendredi, dans les rues de la capitale, pour rappeler au gouvernement qu'ils ont l'intention de maintenir la mobilisation.

Quelques milliers de personnes ont déferlé dans les rues de Québec, durant l'après-midi, au cours d'une manifestation marquée par certaines déviations au trajet prévu.

Aucun affrontement avec les policiers n'est survenu, bien que des agents en tenue antiémeute aient fait leur apparition dans le Vieux-Québec, où une centaine de manifestants s'étaient aventurés.

Avant le départ du cortège, la présidente de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), Éliane Laberge, a prévenu qu'à défaut d'une entente, de nouvelles perturbations sociales risquent de secouer le Québec au mois d'août.

La leader de la FECQ a lancé un avertissement au premier ministre Jean Charest, en point de presse, alors que quelques milliers de manifestants s'apprêtaient à marcher par une chaleur torride dans les rues de Québec contre la hausse des droits de scolarité, la loi 78 et toute une brochette d'enjeux divers.

«Le gouvernement devrait regarder la réalité en face et réaliser qu'il y a déjà des assemblées générales de grève qui sont prévues pour le retour en classe au mois d'août. Je pense qu'il n'y a personne ici qui veut se retrouver dans la situation vécue durant le printemps dernier», a-t-elle fait valoir.

Jusqu'ici, le gouvernement du Québec est resté sourd à l'appel de la FECQ en faveur d'une médiation. La perspective du déclenchement des élections, possiblement vers la mi-août, donne l'impression que le premier ministre a tiré un trait sur la négociation avec les associations étudiantes.

Or, le gouvernement libéral doit cesser «d'instrumentaliser» le conflit à des fins partisanes et négocier une entente de bonne foi dès maintenant s'il veut éviter une rentrée scolaire houleuse, a soutenu Mme Laberge.

En effet, pour exercer leur mandat de grève _ que la loi 78 interdit aux administrations de reconnaître _ les étudiants pourraient devoir utiliser des moyens «qui ne sont souhaités par personne».

«Si les étudiants veulent les faire appliquer (les mandats de grève), ils vont devoir utiliser des moyens et malheureusement ces moyens-là ne sont souhaités par personne parce cela amène des situations comme à Lionel-Groulx ou à Sherbrooke», a-t-elle relaté, faisant allusion aux incidents violents qui ont eu lieu le printemps dernier aux abords de certains établissements d'enseignement.

De son côté, le porte-parole de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a estimé que la journée de protestation de vendredi avait une saveur toute particulière à la lumière des révélations faites devant la Commission Charbonneau sur l'octroi et la gestion des contrats publics.

Il a dit trouver «très insultant» pour les étudiants en grève de constater que des centaines de millions de dollars disparaissent chaque année au Québec pour «remplir les poches des amis du Parti libéral».

«Je suis convaincu que beaucoup de citoyens en ont assez de se faire demander toujours plus de la part du gouvernement libéral de Jean Charest, que ce soit les frais de scolarité ou la taxe santé, pendant que le même gouvernement dilapide les fonds publics dans la corruption, dilapide les fonds publics en construisant gratuitement des routes pour les minières dans son Plan Nord», a-t-il argué.

Aux yeux du leader étudiant, revenu de vacances spécialement pour la manifestation, les marches de Montréal et de Québec expriment clairement la volonté de la population de mettre à la porte le gouvernement Charest.

«Ça va devenir une priorité de la population de se débarrasser du gouvernement de Jean Charest, que ce soit par des élections ou par autre chose», a-t-il dit avant de se reprendre et de préciser que seul un scrutin permet, «en 2012», de changer de gouvernement au Québec.

Après avoir défilé dans la haute-ville, les manifestants sont descendus du Cap-Diamant dans le Quartier Saint-Roch, où certains d'entre eux ont réussi à faire dévier le cortège à trois reprises.

Les policiers de Québec ont alors averti que la manifestation était illégale mais cela n'a pas empêché une centaine de personnes de poursuivre leur chemin jusque dans le Vieux-Québec.

Derrière l'hôtel de ville, une dizaine de policiers de l'escouade antiémeute les ont pressés avec succès vers le trajet officiel. Environ une trentaine de personnes ont néanmoins tenté un sit-in au milieu de la rue Saint-Jean. Mais les manifestants ont cessé leur opération une fois que la rue a été fermée par un employé municipal.

Qualifiant la manifestation de «pacifique», la police de Québec a rapporté une arrestation.

Plus tôt cette semaine, le maire de Québec, Régis Labeaume, a fait adopter dans le tumulte un règlement obligeant les manifestants à dévoiler leur trajet et interdisant l'accès aux parcs et endroits publics durant la nuit.

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