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22/06/2012 08:08 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Le Hamas reprend le commandement des opérations militaires contre Israël

La dernière confrontation entre groupes armés palestiniens à Gaza et Israël, dans laquelle le Hamas est monté en première ligne après plus d'un an d'éclipse, montre que les changements politiques en Egypte enhardissent le mouvement islamiste, selon analystes et responsables.

Principale puissance militaire de la bande de Gaza, qu'il gouverne, le Hamas a revendiqué le tir de "120 roquettes sur les positions militaires de l'ennemi", sur 130 roquettes et obus tirés sur Israël dans la confrontation de lundi à jeudi, qui s'est soldée par la mort de 10 Palestiniens, des combattants pour la plupart, et quatre gardes-frontières israéliens blessés.

"Avril 2011 était la dernière fois que le Hamas a officiellement participé aux tirs de roquettes", ce qui lui avait valu les critiques d'autres mouvements armés, comme le Jihad islamique, rappellent les correspondants militaires du quotidien israélien Haaretz.

"La plupart des roquettes ont été tirées sur des bases militaires ou des forces de sécurité", soulignent-ils. "Il est clair que le Hamas a changé les règles du jeu et ne tirera de roquettes que sur des cibles militaires" afin de ne pas donner de motivation à Israël pour une riposte massive.

"Notre affrontement avec l'ennemi est resté à un niveau minimum de puissance de feu et de riposte. C'est un message que les dirigeants (israéliens) devraient parfaitement comprendre", ont averti les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, en annonçant la reconduction de la trêve.

Vendredi, un Palestinien a été tué et deux autres blessés, dont un grièvement, dans un raid dans le centre de la bande de Gaza. L'opération visait, selon l'armée israélienne, des tireurs de roquettes présumés, qui ne semblaient pas appartenir aux principaux mouvements associés à la déclaration de cessez-le-feu.

Selon Ahmad al-Turk, professeur de journalisme à l'Université islamique de Gaza, la situation politique en Egypte "se renverse en faveur du Hamas et des Palestiniens" et pour cela il "n'est plus envisageable que les Palestiniens se taisent face à l'escalade israélienne".

Le début de la confrontation a coïncidé avec la revendication de la victoire à la présidentielle égyptienne de Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans, "maison mère" du Hamas. Cette annonce, non confirmée par des résultats officiels, a suscité des cris de victoire dans les mosquées de Gaza.

Cette proclamation a conduit le Hamas à "tester les intentions d'Israël sur une éventuelle (future) guerre contre Gaza", estime Moukhaïmer Abou Saada, professeur de science politique à l'Université Al-Azhar de Gaza.

Selon un haut responsable israélien, "il y a une connexion entre la flambée de violence à Gaza et les élections en Egypte".

"Les islamistes tentent de modifier le statu quo. Ils espèrent qu'un gouvernement islamiste au Caire sera plus complaisant envers les activités terroristes à Gaza et dans le Sinaï" égyptien limitrophe d'Israël, a-t-il affirmé sous le couvert de l'anonymat.

Dans une analyse, le quotidien israélien Maariv relève que "la principale raison pour laquelle le Hamas est monté en première ligne est qu'un de ses hauts responsables a été visé" dans les premières frappes.

"Israël a décidé il y a un certain temps qu'il considérait le Hamas comme souverain et responsable de son territoire et qu'il sévirait contre ses membres même lorsqu'il est évident que ce ne sont pas eux qui nous tirent dessus", explique le journal.

"Les deux parties gèrent le conflit comme des hérissons: très prudemment", conclut le Maariv: "Chacun se dit que l'autre veut sortir indemne des hostilités et aucun des deux camps n'a vraiment d'objectif réalisable en vue".

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