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Duchesneau a reçu 160 courriels d'information pendant son passage à la CEIC

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Jacques Duchesneau (Crédit photo: PC) | CP

MONTRÉAL - Jacques Duchesneau n'en démord pas: la lumière sera faite sur les allégations de collusion et de corruption dans le milieu de la construction, s'il faut en juger par les 160 courriels remplis d'informations qu'il a reçus tout au long de son témoignage à la Commission Charbonneau.

Les sources de l'ancien chef de l'Unité anticollusion lui ont affirmé que les révélations chocs qu'il a larguées tout au long des audiences printanières de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction étaient loin d'être exagérées. Plus encore, ces sources ont renchéri en lui dévoilant de nouvelles informations, a-t-il affirmé.

La Commission Charbonneau a reçu encore plus de courriels, s'est félicité M. Duchesneau, invitant ceux qui savent quelque chose à écrire directement à la Commission pour continuer à relayer l'information utile, et ce, afin que les choses puissent enfin changer, a-t-il déclaré.

Dans une longue entrevue avec Benoît Dutrizac sur les ondes de Cogeco, vendredi, M. Duchesneau a expliqué que le meilleur moyen de lever le voile sur la corruption serait d'en parler.

«Je dis aux gens: soyez confiants, attendez le mois de septembre, ça va peut-être être une bonne télésérie», a-t-il lancé, ajoutant être convaincu que les médias ne resteraient pas insensibles à ce qui sortira de la Commission.

Il a aussi réaffirmé que les dons aux partis politiques étaient, à hauteur d'environ 70 pour cent, de «l'argent sale», ajoutant que les témoignages reçus en ce sens provenaient, deux fois sur trois, d'individus eux-mêmes issus du milieu politique.

«C'est beaucoup plus grave que ce que je pensais. Et ce n'est pas en arrêtant une personne ici et là qu'on va changer les choses. Les entrepreneurs en construction sont habituellement nobles mais ils sont dans un système ignoble, et c'est ça qu'il faut changer», a-t-il plaidé.

Au lendemain de l'ajournement des travaux de la Commission, qui fait relâche jusqu'au 17 septembre, M. Duchesneau a également exprimé sa déception quant au déroulement des journées de contre-interrogatoire, affirmant qu'il aurait mieux valu parler des «vraies affaires» dévoilées dans son rapport plutôt que de s'attarder à des détails administratifs.

M. Duchesneau a mentionné que s'il avait eu des doutes sur la portée que pourrait avoir la Commission avant le début de ses travaux, ils s'étaient estompés lorsqu'il avait observé le savoir-faire des membres de la commission, qui sont animés d'un réel désir de faire bouger les choses, selon lui.

«Les gens qui sont en place, ils vont faire une différence. Mais pour cela, il faut que les gens donnent l'information et viennent témoigner à la Commission», a-t-il soutenu, déplorant que certaines sources lui aient écrit cette semaine pour lui dire qu'elles avaient choisi de se désister après avoir écouté les échanges musclés de son contre-interrogatoire.