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Les associations étudiantes invitent les Québécois à prendre les rues d'assaut

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Les associations étudiantes invitent les Québécois à prendre les rues d'assaut | AP

MONTRÉAL - Les associations étudiantes se sont regroupées vendredi dans les rues de Montréal et de Québec, conviant une fois de plus les Québécois à dénoncer la hausse des droits de scolarité et la loi 78.

La marche organisée à Montréal s'est mise en branle un peu après 14 h 00, à la Place du Canada. Des milliers de manifestants participaient au rassemblement aux sons des casseroles. Plus de 8000 personnes avaient confirmé leur présence sur la page Facebook de l'événement, une initiative de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Une arrestation et une altercation entre un policier et quelques citoyens qui ne participaient pas à la manifestation ont été les seuls incidents notables de la manifestation, a confirmé l'agent Daniel Richer du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Une personne a été arrêtée pour avoir enfreint un règlement municipal alors que des agents ont utilisé du poivre de Cayenne pour éloigner quelques personnes qui auraient tenté de s'en prendre à un policier.

La première manifestation s'est terminée à 17 h. Une deuxième, spontanée celle-là, a repris tout de suite après. Cette dernière a été déclarée illégale vers 17 h et a pris fin à 18 h 15, a précisé le SPVM.

Les organisateurs ont insisté sur le fait que les étudiants étaient toujours motivés. «C'est le début de l'été, on vient mobilisés, on vient manifester à Montréal (...) pour montrer que la mobilisation ne s'essouffle pas, au contraire», a déclaré la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, avant le début de la marche.

«Lorsqu'on a des manifestations qui regroupent énormément de gens, ça nous permet de démontrer qu'il y a encore beaucoup de soutien à la cause, ça permet d'accentuer le soutien et justement de prévoir, dans le cadre des prochaines élections, un vote massif des jeunes, qui feront vraiment le changement au Québec», a-t-elle ajouté.

Mme Desjardins a en outre indiqué que le mouvement de contestation pourrait prendre une forme différente au cours de l'été. «Il faut comprendre que les étudiants vont travailler durant le jour, et donc, on change un peu la mobilisation. C'est pourquoi on veut aller à la rencontre des citoyens un peu plus», a-t-elle dit.

Déjà, les manifestants se sont présentés aux Francofolies pour y distribuer des carrés rouges, ce qu'ils prévoient continuer à faire dans les autres festivals d'été de la métropole. Les regroupements étudiants veulent aussi personnaliser leur approche auprès de la population et projettent même de faire du porte-à-porte dans les circonscriptions où les libéraux ont été élus par de faibles majorités dans le passé, a expliqué Mme Desjardins.

Le changement de ton pour la période estival a aussi été évoqué par Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSE. «On continue notre plan d'action, on va aller voir la population cet été avec des conférences un peu partout au Québec. On va aussi mettre de l'avant un manifeste, pour bien éclaircir quelles sont nos idées», a-t-elle dit.

«Et évidemment, on se mobilise pour le mois d'août. Il y aura évidemment la session qui recommence, peut-être bien une grève, à ce moment-là, peut-être une grève qui sera appuyée d'une façon beaucoup plus large, au-delà des étudiants et des étudiantes, et c'est ce qu'on espère sincèrement», a ajouté Mme Reynolds.

Pas d'essoufflement, clament les organisateurs

Présent à la manifestation de Montréal, le député de Québec solidaire Amir Khadir a refusé de voir un élément négatif dans le fait que les manifestations nocturnes de la métropole sont moins importantes depuis quelques semaines.

«Tout le monde a droit à un peu de vacances, a-t-il opiné. Ceux qui comptent sur l'essoufflement du mouvement, je pense, vont se tromper. Ils ont compté sur l'essoufflement et la division du mouvement pendant des mois et des mois et ils ont entraîné le Québec dans le cul-de-sac qu'on connaît aujourd'hui.

«Ceux qui prennent du repos aujourd'hui, c'est pour mieux rebondir en août et en septembre, et ils vont le faire de manière pacifique, de manière solide et très énergique», a dit le député.

La nouvelle coporte-parole de la CLASSE, Camille Robert, ne voit pas elle non plus d'essoufflement dans les troupes étudiantes.

«Les manifestations des casseroles se sont transformées en assemblées populaires qui ont lieu dans plusieurs quartiers, a-t-elle expliqué. Tout ça, ça montre qu'il y a un ras-le-bol du gouvernement libéral, qu'il y a un ras-le-bol des mesures d'austérité, de la tarification de l'électricité, des services de santé et de l'éducation. Tout ça s'inscrit dans un contexte mondial de crise, de plans d'austérité des gouvernements contre les peuples du monde entier. (...) C'est dans ce contexte-là qu'on est là aujourd'hui, à la CLASSE.»

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