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22/06/2012 04:17 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Après une accalmie, 10.000 à 20.000 manifestants dans les rues au Québec

Après deux semaines d'une certaine accalmie, dix à vingt mille étudiants et citoyens de tous bords sont descendus vendredi dans les rues de Montréal et de Québec pour protester notamment contre la hausse des droits de scolarité dans la province francophone.

A Montréal, la manifestation a attiré 10.000 à 15.000 personnes, tandis qu'elles étaient environ 5.000 à Québec, la capitale de la province, selon des estimations de la police et de l'AFP.

Des centaines de citoyens de tous âges et de tous horizons ont rejoint les étudiants, qui dénonçaient la hausse des frais de scolarité et la loi 78, dite "loi spéciale", qui a suspendu les cours dans les établissements en grève jusqu'à leur reprise à la mi-août, en plus de limiter le droit de manifester.

Le conflit, qui polarise fortement le Québec, est entré dans son cinquième mois.

"Je suis là depuis le début du mouvement, au printemps", a dit à l'AFP une manifestante à Montréal, Nathalie Prud'Homme, 43 ans, professeur de littérature et de journalisme au Cégep (collège) de Saint-Jérôme, au nord de Montréal.

"On sait qu'avec 4% du budget gouvernemental, on aurait la gratuité scolaire jusqu'à la fin de l'université, c'est donc un choix de société que l'on fait ou l'on ne fait pas. C'est ce qui est malheureux quand on voit toute (...) la corruption dans le gouvernement du Québec. On ne peut pas rester sans rien faire", ajoutait-elle.

A Montréal, le syndicat étudiant le plus mobilisé, la Classe, avait appelé à la manifestation pour "contester la hausse des frais de scolarité, la loi 78 et l'utilisation du conflit étudiant à des fins +électoralistes+ par le gouvernement de Jean Charest".

Les étudiants veulent faire reculer le gouvernement sur une hausse prévue des frais de scolarité de 1.778 dollars (82%) sur sept ans, ce qui les rapprocherait de la moyenne canadienne. Une majorité de la population -- 56% selon un récent sondage -- est toutefois d'accord avec le gouvernement.

Après trois rondes de pourparlers, le gouvernement avait quitté la table de négociations le 31 mai dernier. Le gouvernement envisagerait de déclencher des élections anticipées à l'automne pour trancher la situation.

jl/eg

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