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USA: publication d'une étude controversée sur un virus H5N1 mutant

21/06/2012 10:05 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

La revue américaine Science a publié jeudi une étude néerlandaise sur la création en laboratoire d'un virus mutant de la grippe aviaire H5N1 se transmettant facilement entre mammifères après une controverse sur les risques liés au bio-terrorisme d'une telle publication.

Fin 2011, comme dans le cas de cette étude néerlandaise, la publication de travaux américains aboutissant aux mêmes résultats avait elle aussi été bloquée par le Bureau national de la science pour la biosécurité (NSABB). Cette étude américaine a depuis été publiée début mai dans la revue britannique Nature.

Le NSABB avait finalement accepté le 30 mars que les deux études soient rendues publiques après un nouvel examen et des critiques dans la communauté scientifique en Europe.

Les deux équipes de recherche ont également accepté volontairement de suspendre leurs travaux, un moratoire toujours en vigueur. Des discussions sont en cours pour y mettre un terme.

"Ces huit mois de controverse sur la question de savoir comment et s'il faut publier de tels travaux, ont eu l'avantage de rendre le public beaucoup plus conscient du risque réel présenté par le virus H5N1", estime Bruce Alberts, rédacteur en chef de Science, qui publie jeudi l'étude néerlandaise.

Le virus H5N1, surtout présent chez les volailles et les oiseaux sauvages, est dangereux pour l'homme, avec une mortalité de 60%, mais n'a entraîné que 350 morts depuis son émergence en 2003 car il se transmet difficilement chez l'homme.

Maintenant que ces deux études sont publiées, "les scientifiques dans le monde peuvent, à partir de ces données, faire avancer la compréhension de ce virus, ce qui est indispensable pour développer de meilleures défenses" contre une pandémie, souligne Bruce Alberts.

Ces travaux --financés par les Instituts américains de la santé-- visaient à déterminer si le H5N1 pouvait muter afin de se transmettre par voie aérienne entre humains.

L'étude menée par le Dr Ron Fouchier du centre médical Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas) a abouti à la conclusion que dans une souche de H5N1 cinq mutations suffisaient pour permettre une transmission du virus entre des furets.

js/mdm

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