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21/06/2012 03:35 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

SNC-Lavalin aurait offert de juteux pots-de-vin à six Bangladais influents

MONTRÉAL - Le géant de l'ingénierie SNC-Lavalin (TSX:SNC) a offert de juteux pots-de-vin à six Bangladais influents, y compris deux ministres, a rapporté jeudi le journal Daily Star de Dhaka.

Le quotidien dit tenir ses informations de sources travaillant au sein de la Commission anticorruption (ACC) du pays du sous-continent indien. Ces personnes auraient eu accès à des éléments de preuve recueillis par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le cadre d'une enquête amorcée à la demande de la Banque mondiale.

Selon le Daily Star, SNC-Lavalin a offert d'«énormes pots-de-vin» afin de décrocher le contrat de supervision des travaux de construction d'un pont de 6,5 kilomètres au-dessus du fleuve Padma (appelé Gange en amont, en Inde). Le quotidien n'a pu obtenir l'ampleur des sommes en jeu.

Parmi les personnes à qui l'entreprise montréalaise aurait voulu verser des pots-de-vin, on trouve Syed Abul Hossain, ministre des Technologies de l'information et des Communications, Abul Hasan Chowdhury, ancien ministre d'État aux Affaires étrangères, Mosharraf Hossain Bhuiyan, ancien secrétaire de la division des ponts au ministère des Communications, ainsi que trois hommes d'affaires travaillant au projet de pont.

Le Daily Star précise qu'une équipe de la GRC pourrait se rendre au Bangladesh au cours des prochains jours afin de communiquer davantage de renseignements à l'ACC et d'en recueillir auprès de celle-ci.

MM. Bhuiyan et Hossain ont assuré au journal n'avoir absolument rien à se reprocher dans cette affaire. SNC-Lavalin n'a pas voulu commenter, soulignant que les enquêtes se poursuivent. La GRC n'a pas pu répondre aux questions à ce sujet jeudi.

Dans la foulée de ces allégations, la Banque mondiale a suspendu, l'automne dernier, le prêt de 1,2 milliard $ US qui devait financer le projet. De plus, l'institution empêche temporairement une filiale de SNC-Lavalin de répondre aux appels d'offres visant des projets qu'elle finance.

Plus tôt cette année, SNC a été secouée par une affaire de malversations qui a mené au départ du président et chef de la direction de l'entreprise, Pierre Duhaime.

Une enquête interne a démontré que M. Duhaime a autorisé le versement de commissions irrégulières de 56 millions $ US à des agents commerciaux. L'ancien pdg conserve toutefois son lien d'emploi avec la firme jusqu'au 27 juin. Lorsqu'il quittera pour de bon, il aura droit à un «arrangement de départ» de 5 millions $.

En février, deux vice-présidents de SNC-Lavalin, Riadh Ben Aïssa et Stéphane Roy, ont quitté l'entreprise dans la foulée de cette affaire qui reste nébuleuse.

En plus des mystérieuses commissions de 56 millions $ US, SNC a perdu une somme de 23 millions $ US qui était déposée dans une banque libyenne.

L'entreprise est toujours à la recherche d'un nouveau président et chef de la direction.

L'action de SNC-Lavalin a clôturé à 38,50 $ jeudi, en baisse de 2,3 pour cent, à la Bourse de Toronto.

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