Première baisse des naissances au Canada depuis 2001 (SONDAGE)

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Le mini baby-boom de la première décennie des années 2000 est-il terminé? Il est trop tôt pour se prononcer, selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), mais un rapport de l'organisme sur le sujet annonce une première diminution du nombre de naissances au pays depuis 2001.

Le Canada, qui avait connu des hausses successives des naissances depuis 2001-2002, a enregistré une baisse de 1,5 % en 2010-2011, une décroissance que le porte-parole de l'ICIS Claude Lemay juge faible. « Il faudrait que cette diminution des naissances se confirme au cours des prochaines années pour annoncer officiellement la fin du baby-boom, explique-t-il. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions à partir des données d'une seule année. »

Le taux de naissances avait diminué de 13 % entre 1995-1996 et 2000-2001, entraînant un déficit de 50 000 nouveau-nés pour la période. Le petit baby-boom de la première décennie des années 2000 a toutefois permis de rattraper le niveau du milieu des années 1990. Quant à la diminution de 1,5 % de l'année dernière, elle représente quelque 5600 bébés en moins.

La santé des bébés

Bien que légèrement moins nombreux, les nouveau-nés se portent généralement bien au pays, où les taux de bébés prématurés (7,9 %) et de bébés de faible poids (6,1 %) sont demeurés stables. L'Alberta et l'Ontario sont les deux seules provinces à enregistrer des taux au-dessus de la moyenne canadienne dans ces deux catégories de poupons.

La naissance d'un bébé de faible poids peut être causée par des problèmes de malnutrition ou témoigner d'une situation socio-économique difficile, selon l'ICIS. « On ne peut qu'avancer des hypothèses pour expliquer ces données, affirme M. Lemay. La présence de programmes sociaux, comme le programme OLO au Québec, peut expliquer pourquoi certaines provinces s'en tirent mieux malgré des contextes économiques plus difficiles. »

Le programme OLO consiste à fournir un oeuf, du lait et du jus d'orange tous les jours aux femmes enceintes de milieux défavorisés. Cette combinaison d'aliments économiques offre un supplément de vitamines et de minéraux favorisant le développement de la mère et de son enfant à naître.

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L'âge de la mère, qui est en augmentation au Canada, peut aussi constituer un facteur dans la naissance d'un bébé de faible poids. L'ICIS souligne que plus les mères sont âgées, plus elles risquent de souffrir de problèmes de santé au cours de leur grossesse. « C'est le cas du diabète de grossesse », illustre M. Lemay. Une femme sur 24 souffre de diabète de grossesse chez les femmes de 34 ans et moins. Cette proportion double chez les 35-40 ans (1 sur 12) et triple chez les plus de 40 ans (1 sur 8). « Ce n'est pas catastrophique parce que ce type de diabète rentre dans l'ordre une fois la grossesse terminée, poursuit M. Lemay. Mais ça peut avoir un impact sur la grossesse. »

Quant aux petits bébés - les bébés faisant partie du dernier 10 % sur la courbe de croissance du poids des pédiatres - ils sont en augmentation au Canada. Le taux de petits bébés est passé de 8,3 % à 8,7 % entre 2005-2006 et 2010-2011.

Bien que cette hausse soit généralisée, l'Ontario (9,3 %) et l'Alberta (9,1 %) trônent au sommet du palmarès canadien, comme c'est le cas dans les deux catégories précédentes. Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec ont enregistré des augmentations significatives entre 2006-2007 et 2010-2011, passant respectivement de 5,9 % à 8,6 % et de 7,8 % à 8,5 %.

Des données sur les accouchements

Le rapport de l'ICIS note aussi une diminution des accouchements assistés au Canada. L'Alberta est toujours en tête du classement quant au taux global d'accouchements assistés (16,8 %), suivie de la Saskatchewan (15,8 %). Le Manitoba (9,1 %) et l'Île-du-Prince-Édouard (5,3 %) présentent les taux globaux les plus faibles.

L'utilisation des ventouses obstétricales est demeurée stable alors que l'utilisation des forceps a chuté de façon importante. De fait, l'utilisation des forceps a connu une augmentation seulement en Alberta.

Le recours à l'épidurale est en forte hausse dans l'ensemble du Canada malgré une disparité régionale importante. Le taux d'anesthésie épidurale au pays est ainsi passé de 53,2 % (2006-2007) à 56,7 % (2010-2011). Au Québec, c'est plus des deux tiers (70,0 %) des mères qui accouchent sous épidurale comparativement à 32,5 % en Colombie-Britannique. Le porte-parole de l'ICIS estime que la culture familiale et le choix clinique des médecins constituent les principales causes de variations entre les diverses provinces. « Les variations sont tout aussi importantes sur le plan régional à l'intérieur même des provinces », souligne M. Lemay.

Le taux de première césarienne est de 18,1 % au Canada, une proportion qui se situe dans la moyenne internationale, selon l'ICIS. Terre-Neuve-et-Labrador (23,5 %) et la Colombie-Britannique (22,9 %) sont les provinces où les femmes subissent le plus de césariennes alors que les médecins de la Saskatchewan (14,7 %) et du Manitoba (14,4 %) étaient moins enclins à opter pour cette alternative.

Un clivage significatif est observable entre les femmes de moins et de plus de 35 ans en lien avec la césarienne. Le taux de première césarienne était de 17,1 % pour les femmes de moins de 35 ans au Canada en 2010-2011 alors que ce taux grimpait à 23,1 % pour les femmes de plus de 35 ans pour la même période.