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21/06/2012 07:42 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Pédophilie: l'ex-entraîneur américain Sandusky accusé par son fils adoptif

Le procès de l'ex-entraîneur de football américain Jerry Sandusky, jugé pour pédophilie à Bellafonte (Pennsylvanie), a été marqué jeudi par un triste rebondissement, un de ses fils adoptifs l'accusant de l'avoir agressé.

Alors que les jurés s'étaient déjà retirés pour délibérer, les avocats de Matt Sandusky, adopté tardivement par l'ex-entraîneur de l'équipe de football américain de l'université de Penn State, ont fait savoir qu'il les avait contactés "durant le procès".

"Il nous a demandé notre avis et notre aide, pour arranger une rencontre avec les procureurs, pour révéler pour la première fois qu'il est l'une des victimes des agressions (sexuelles) de Jerry Sandusky", ont indiqué les avocats Andrew Shubin et Justine Androcini, dans un communiqué publié par le New York Times.

Les avocats ont ajouté qu'ils avaient organisé cette rencontre. "Cela a été une expérience extrêmement douloureuse pour Matt", ajoute le communiqué.

Matt Sandusky, désormais adulte, avait été placé en famille d'accueil chez les Sandusky avant d'être adopté par le couple, qui a cinq autres enfants adoptés.

Ses révélations sont intervenues peu après que les jurés se furent retirés pour délibérer, à l'issue d'un procès qui a fait les gros titres aux Etats-Unis.

Jerry Sandusky, 68 ans, qui a plaidé non coupable, est sous le coup de 48 chefs d'inculpation (quatre des 52 initialement retenus ont été abandonnés). Il est accusé d'agressions sexuelles sur au moins dix garçons, parfois très jeunes, sur une période de 14 ans entre 1994 et 2008.

"Ils avaient tous quelque chose en commun: c'était des enfants sans père", a souligné jeudi le procureur Joseph McGettigan à la fin du procès. "Il s'attaquait à ceux qui étaient les plus vulnérables", a-t-il ajouté, dénonçant ces "enfances volées".

Sandusky avait créé un programme à destination de jeunes défavorisés et c'est par ce biais qu'il aurait recruté ses victimes. Plusieurs ont raconté en détail lors du procès les attouchements ou viols commis, parfois sous la douche, par celui qui était pour beaucoup d'entre eux un substitut de figure paternelle.

Sandusky, qui était encore il y a quelques mois l'assistant de Joe Paterno, le légendaire entraîneur de football américain de la prestigieuse université décédé brutalement en janvier d'un cancer, n'a guère montré d'émotion durant le procès. Il n'a pas pris la parole.

Il risque 56 ans de prison.

Le procureur l'a décrit comme un "vrai prédateur", extrêmement "méthodique", la défense affirmant à l'inverse qu'il n'y avait pas eu d'agressions sexuelles, "mais du batifolage sous la douche", selon l'avocat Joseph Amendola.

Son inculpation début novembre avait entraîné une série de démissions et d'évictions au sommet de l'université de Penn State.

L'affaire a profondément choqué l'Amérique, où le sport universitaire est très important, avec des entraîneurs de football américains extrêmement respectés et souvent portés aux nues.

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