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Libération du cerveau présumé d'une tentative de putsch fin 2011 en Guinée Bissau

21/06/2012 11:05 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

L'ancien chef d'état-major de la marine de Guinée-Bissau, l'amiral José Américo Bubo Na Tchuto, considéré comme le cerveau d'un coup d'Etat manqué le 26 décembre 2011, a été libéré avec 18 autres codétenus, a appris jeudi l'AFP de source militaire.

La décision de libérer mercredi Bubu na Tchuto, considéré comme un baron de la drogue par les Etats-Unis, a été prise par le chef de l'armée, le général Antonio Indjai, lui-même auteur du coup d'Etat qui a renversé le 12 avril le président intérimaire Raimundo Pereira et l'ex-Prmier ministre Carlos Gomes Junior.

Un journaliste de l'AFP a vu jeudi dans les rues de Bissau l'amiral parader au volant d'une grosse limousine noire, salué par de nombreux passants.

"J'ai été élargi hier (mercredi) et je rends visite à certains amis", a-t-il déclaré à l'AFP, sans vouloir donner de précisions sur les conditions de sa libération.

Outre l'amiral Na Tchuto, incarcéré dans la caserne de Mansoa à 60 kilomètres de Bissau, le général Watna Na Lai, ancien chef d'état-major de l'armée de terre, fait partie des militaires libérés.

L'armée n'a fait aucun commentaire à propos de ces libérations jugées "spectaculaires" par des observateurs politiques.

"Ils ont été accusés d'avoir voulu renverser par la force le gouvernement de Carlos Gomes Junior. Celui-ci a finalement été renversé par l'armée et je ne vois aucune raison de les maintenir encore en détention, ce qui n'aurait fait qu'attiser la haine entre nous militaires", a affirmé à l'AFP un officier.

Selon des témoins, la résidence privée de l'amiral à Bissau et les rues adjacentes étaient étroitement surveillées par des éléments de la marine.

L'amiral est soumis avec plusieurs autres militaires bissau-guinéens à des sanctions de l'Union européenne (UE) et des Etats-Unis où ils n'ont pas le droit de se rendre.

Des autorités intérimaires ont été mises en place dans le cadre d'un processus de transition largement décidé par l'ex-junte militaire qui avait pris le pouvoir le 12 avril et dont a été écarté l'ancien parti dirigeant, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise qui a obtenu son indépendance en 1974 après une guerre de libération, est depuis régulièrement frappée par la violence politico-militaire et est devenue ces dernières années un des principaux points de passage en Afrique de l'Ouest de la drogue sud-américaine destinée à l'Europe.

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