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Le TSX termine la journée sur un recul de 350 points, plombé par les ressources

21/06/2012 04:19 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

TORONTO - La Bourse de Toronto a plongé jeudi de trois pour cent, réalisant sa plus importante dégringolade en une seule séance depuis novembre.

L'indice phare du parquet torontois a été plombé par les actions liées aux ressources naturelles. Les cours de ces dernières ont chuté après que des rapports distincts eurent fait état d'un ralentissement de la fabrication dans trois des plus grandes économies du monde.

L'indice composé S&P/TSX a effacé 351,03 points pour clôturer à 11 408,32 points et chacun de ses secteurs a terminé la journée dans le rouge. La Bourse de croissance TSXV a rendu 37,22 points à 1217,35 points.

Les mauvaises nouvelles ont aussi eu raison des marchés de Wall Street. La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a perdu 250,82 points à 12 573,57 points, tandis que l'indice élargi S&P 500 a rendu 30,18 points à 1325,51 points et que l'indice composé du Nasdaq a remis 60,72 points à 2859,09 points.

Le dollar canadien, fortement lié aux matières premières, s'est pour sa part déprécié de 0,97 cent US à 97,15 cents US.

Le prix du pétrole a reculé sous la barre des 80 $ US pour la première fois depuis octobre. Le cours du baril de brut a rendu 3,25 $ US, soit 3,9 pour cent, à 78,20 $ US à la Bourse des matières premières de New York. Le cours du lingot d'or a pour sa part perdu 50,30 $ US à 1565,50 $ US l'once tandis que le prix du cuivre a cédé 9 cents US à 3,30 $ US la livre.

Les secteurs de l'énergie et des mines ont été les plus grands perdants jeudi sur le TSX, avec des reculs de 4,5 pour cent chacun.

L'action de Suncor Énergie (TSX:SU) a retraité de 6,6 pour cent, soit 1,95 $, à 27,70 $.

Le titre de Teck Resources (TSX:TCK.B) a perdu cinq pour cent, soit 1,67 $, à 31,70 $.

Le secteur des matériaux, au sein duquel sont regroupés les titres des sociétés aurifères, a cédé 3,6 pour cent. L'action de Barrick Gold (TSX:ABX) a notamment rendu 3,8 pour cent, ou 1,56 $, à 39,49 $.

L'appétit pour les actions a été affaibli par les résultats d'une enquête mensuelle de HSBC, qui a démontré que le secteur de la fabrication de la Chine — la deuxième économie mondiale — avait continué à se contracter. La croissance chinoise a été un pilier de l'économie mondiale ces dernières années et son ralentissement représente une inquiétude particulière pour les investisseurs.

Dans la zone euro et ses 17 États-membres, une étude semblable a montré que l'indice des gestionnaires en approvisionnement avait reculé à 44,8 points en juin, contre 45,1 points le mois précédent. Une donnée inférieure à 50 points signale une contraction de l'activité. Un sondage connexe sur le secteur des services a aussi montré un déclin de l'activité, laissant présager d'un recul du produit intérieur brut pour le deuxième trimestre.

Entre-temps, aux États-Unis, la Réserve fédérale de Philadelphie a indiqué que le secteur manufacturier avait stagné ce mois-ci, en raison d'une baisse des nouvelles commandes et des livraisons. L'association américaine des agents immobiliers a par ailleurs indiqué que les reventes de maisons avaient reculé de 1,5 pour cent en mai par rapport au mois précédent.

Au Canada, le gouverneur de la banque centrale Mark Carney a profité d'un discours devant des gens d'affaires à Halifax pour noter que l'économie du pays, relativement bien portante, reposait largement sur l'emprunt, une situation qui, selon lui, ne peut pas durer indéfiniment.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a pour sa part annoncé une nouvelle mesure qui réduit l'amortissement maximal pour l'achat d'une maison à 25 ans, comparativement à 30 ans présentement. Les changements réduisent aussi le montant maximum d'un prêt de refinancement à 80 pour cent de la valeur de la maison, comparativement à 85 pour cent.

«Cette décision découle probablement d'une prise de conscience du fait que les taux d'intérêt resteront inchangés pour une plus longue période que prévu et elle vise à prévenir une reprise de l'activité semblable à celle que nous avons observé à la mi-2011», a expliqué l'économiste Benjamin Tal, de Marchés mondiaux CIBC.

Statistique Canada a en outre rapporté que les ventes au détail avaient reculé de 0,5 pour cent en avril, alors que les économistes s'attendaient plutôt à une croissance de 0,2 pour cent.

Les ministres des Finances de l'Europe devaient se rencontrer plus tard jeudi pour tenter de trouver un terrain d'entente en ce qui a trait à un éventuel assouplissement des mesures d'austérité imposées à la Grèce. Ils pourraient aussi discuter d'une demande de sauvetage bancaire pour l'Espagne et de nouvelles façons de stimuler la confiance dans la zone euro.

La rencontre au Luxembourg tentera de mettre de l'avant certaines solutions pour la crise de la dette souveraine, qui pourraient être adoptées lors d'un sommet de l'Union européenne du 28 juin. Les leaders de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Espagne se rencontreront vendredi à Rome.

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