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21/06/2012 12:16 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

L'économie, alimentée par l'endettement, commence à s'essouffler, croit Carney

OTTAWA - L'économie canadienne, relativement bien portante, a reposé largement sur l'emprunt, mais la situation ne peut durer indéfiniment, a prévenu jeudi le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

Le gouverneur de la banque centrale a lancé cette mise en garde en présence d'un parterre d'hommes d'affaires, à Halifax, quelques heures après que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, eut resserré les règles hypothécaires en réduisant la période maximale d'amortissement des hypothèques à 25 ans, contre 30 ans actuellement, et en limitant les prêts sur la valeur des propriétés.

M. Carney a clairement indiqué être en faveur de ces mesures, qualifiées de «prudentes» et d'«opportunes», afin de soutenir la stabilité à long terme du secteur immobilier et de mettre celui-ci à l'abri des excès financiers.

«Notre économie ne peut (...) pas compter indéfiniment sur les dépenses des ménages alimentées par l'endettement, en particulier dans un contexte de faible progression des revenus», a-t-il déclaré dans le texte de son allocution devant l'Atlantic Institute for Market Studies.

«Notamment, l'investissement dans le logement a encore augmenté au premier trimestre et représente une part exceptionnellement élevée de l'ensemble de l'économie canadienne», a-t-il ajouté.

Plus tôt ce mois-ci, Statistique Canada a annoncé que le ratio de la dette des ménages par rapport au revenu personnel avait atteint un niveau sans précédent de 152 pour cent, précisant cependant que cela tenait davantage à une baisse des revenus qu'à une hausse de l'emprunt.

Néanmoins, les données disponibles tendent à traduire une certaine lassitude des consommateurs. Dans un rapport rendu public jeudi, Statistique Canada a fait état d'un baisse de 0,5 pour cent des ventes au détail en avril, laquelle a plus qu'annulé la hausse enregistrée en mars.

Si la croissance économique canadienne se poursuit, «il se peut qu'une réduction modeste de la détente monétaire considérable actuellement en place au Canada devienne appropriée», a affirmé M. Carney.

Le gouverneur a aussi mis en garde contre les risques de contagion de la crise européenne.

«Compte tenu de la réalité de la finance mondiale, mettre de l'ordre dans nos propres affaires ne suffit pas, à moins de nous couper du reste du monde — et si nous le faisions, nous finirions par être beaucoup plus pauvres», a-t-il dit.

Une relance soutenue passe par une transformation fondamentale de l'économie mondiale et de l'architecture financière, a déclaré le patron de la banque centrale, qui a demandé aux dirigeants mondiaux de s'attaquer aux engagements pris lors du sommet du G20 au Mexique, au début de la semaine.

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