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21/06/2012 07:16 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - L'Allemagne confrontée à son passé en Pologne

Basée à Gdansk pour l'Euro-2012, où ont retenti les premiers coups de feu de la Seconde guerre mondiale, l'équipe allemande de football a multiplié les gestes pour commémorer ce passé douloureux et essayer de le dépasser.

Il en faut beaucoup pour déstabiliser le sélectionneur allemand, Joachim Löw lors d'une conférence de presse.

Un journaliste néerlandais y est pourtant arrivé mardi en demandant s'il ne craignait pas que l'installation des Allemands à Gdansk soit vécue comme une "provocation" par les Polonais, eu égard au contexte historique.

"No. Not one minute. We're happy here" (Non, pas une seconde. Nous sommes heureux ici), a fusé la réponse du sélectionneur, visiblement courroucé, en anglais, lui qui n'accepte jamais de répondre autrement qu'en allemand.

Ce n'était pas la première question sur ce sujet que les Allemands devaient bien s'attendre à voir surgir épisodiquement.

Le très luxueux hôtel dans lequel ils ont leurs quartiers, dans le nord de la Pologne, n'est qu'à quelques kilomètres de la presqu'île de Westerplatte, où une garnison polonaise a été attaquée par les soldats allemands au petit matin du 1er septembre 1939, marquant le début de la Seconde guerre mondiale.

Le président de la Fédération allemande, Wolfgang Niersbach est allé déposer une couronne de fleurs, mercredi, au mémorial sur cette presqu'île.

"Cet endroit a été le théâtre d'un chapitre horrible de notre histoire, et doit clairement nous rappeler à tous que ce genre de choses ne doit plus jamais se produire", a-t-il déclaré à cette occasion.

L'Allemagne avait essayé de prendre les devants et de préparer les joueurs à ce contexte chargé.

"La Fédération a essayé de nous donner des éléments de compréhension. Pendant la préparation, des experts des relations entre l'Allemagne, la Pologne et l'Ukraine sont venus faire une présentation, qui était très intéressante", a expliqué, mercredi, le milieu de terrain Thomas Müller.

La Fédération avait aussi envoyé, le 1er juin, une délégation visiter le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, dans le sud du pays, où périrent 1,3 million de personnes, dont 1,1 million de juifs.

Le capitaine Philipp Lahm, les deux joueurs d'origine polonaise, Lukas Podolski et Miroslav Klose, le sélectionneur national, Joachim Löw, le manager, Oliver Bierhoff ainsi que de M. Niersbach étaient présents.

Un responsable de la communauté juive allemande avait néanmoins critiqué le fait que toute l'équipe ne se soit pas rendue à cette visite.

La Mannschaft n'a pas su éviter tout faux pas non plus. L'adjoint de Löw, Hansi Flick, avait ainsi affirmé avant le premier match contre le Portugal, que les défenseurs allemands devaient mettre "leur casque en acier" face aux coup francs de Cristiano Ronaldo.

Or, le terme utilisé par Flick, "Stahlhelm", est associé à l'armée nazie. Il s'était excusé quelques heures plus tard.

Pour autant, les Polonais ont réservé un accueil très chaleureux à la Mannschaft, plein de ferveur populaire, notamment lors de l'entraînement public devant quelque 10.000 personnes, le 4 juin, au stade du club local.

Alors que se profile un quart de finale à la dimension politique bien plus immédiate, contre la Grèce, dans un contexte de crise économique européenne, l'"opération séduction" des Allemands semble avoir globalement fonctionné.

hap/nip

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