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21/06/2012 04:09 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Air France annonce l'abolition de 5000 emplois

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La compagnie aérienne Air France, en grande difficulté, détaille jeudi sa stratégie pour retrouver la rentabilité et la compétitivité, qui devrait aboutir à la suppression de 5.000 emplois d'ici trois ans, soit 10% de ses effectifs.

La direction d'Air France devait annoncer dans la journée aux representants du personnel le volet social du plan Transform 2015 lancé au début de l'année pour redresser le groupe franco-néerlandais Air France/KLM, dont la compagnie française est la principale composante.

Environ 5.000 postes devraient être supprimés d'ici trois ans. Le nombre de départs naturels, revu à la baisse, devrait atteindre 1.700 au lieu de 2.400. Il restera encore près de 3.300 postes à supprimer, selon des estimations syndicales.

Au cours d'un Comité central d'entreprise (CCE), la direction devrait donc proposer un plan de départs volontaires, afin d'éviter les licenciements.

Les premiers visés devraient être les personnels au sol (environ 32.000 sur les 53.000 salariés de la compagnie), mais aussi une partie du secteur industriel.

Pour les hôtesses et stewards, le sureffectif, estimé à plusieurs centaines, devrait se résorber en partie avec le non-remplacement des départs naturels (environ 1.000 d'ici fin 2015). Aucun départ volontaire n'est a priori envisagé pour eux, mais la direction va "pousser beaucoup au passage au temps partiel", selon Michel Salomon, du syndicat CFDT.

La direction veut aussi améliorer leur productivité (50 heures de vol annuelles supplémentaires, réorganisation des équipages, congés et temps de repos, etc...).

Les pilotes, dont le sureffectif est estimé à 200 aujourd'hui, 600 avec le plan stratégique Transform 2015, devraient échapper aussi au plan de départs, l'accent étant mis sur le temps mensuel partiel ou des mises à disposition d'un ou deux ans à une autre compagnie. Le PDG d'Air France Alexandre de Juniac les rencontrera lundi.

L'envolée des prix du carburant et la concurrence féroce des compagnies à bas coût ont placé le groupe Air France/KLM dans une situation extrêmement difficile, avec des pertes de plus de 800 millions d'euros en 2011 et une lourde dette (6,5 milliards).

Le plan de redressement engagé en janvier par le groupe franco-néerlandais, premier transporteur aérien européen, prévoit deux milliards d'euros d'économies à l'horizon 2015 avec, outre un gel des embauches, une réduction de la flotte et une montée en puissance de la filiale à bas coûts Transavia.

Les discussions entre la direction et les syndicats dureront encore une semaine, et une version finale de Transform 2015 devrait être présentée le 28 juin, puis soumise à la signature des syndicats des différentes catégories de personnel vers le 6 juillet.

Faute d'accord, la direction dénoncerait le cadre contractuel existant et disposerait alors de 15 mois pour réviser les accords d'entreprise (promotions, temps de travail, congés, composition d'équipage, ancienneté, etc.).

Depuis 20 ans, Air France a réalisé des plans d'économies et des réorganisations sans recourir aux licenciements. Elle pourrait changer de ton si les négociations échouaient, malgré l'opposition de l'Etat, actionnaire à hauteur de plus de 15% de la compagnie, à des départs contraints.

"Aujourd'hui l'Etat encourage ce dialogue qui devrait permettre, je l'espère, que l'entreprise retrouve l'équilibre financier", a déclaré jeudi le ministre du Travail Michel Sapin, qui a précisé que la direction avait prévenu l'Etat actionnaire que la survie de l'entreprise était en jeu.

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