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20/06/2012 04:31 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

USA: au Congrès, une audition sur la menace islamiste vue par les musulmans

Des représentants des musulmans américains ont appelé mercredi à ne pas confondre "islam et islamisme", au cours d'une audition devant le Congrès, la cinquième d'une série de débats controversés sur la radicalisation de l'islam américain.

"Nous devons tous tomber d'accord sur le fait que l'islamisme est une menace et que les musulmans eux-mêmes doivent être l'avant-garde de ce mouvement pour séparer l'islam de l'islamisme", a asséné devant la commission de la Sécurité intérieure le président du Forum islamique américain pour la Démocratie, Zuhdi Jasser.

"L'énorme majorité des musulmans américains sont de remarquables Américains. Pourtant, la réalité, c'est que la menace terroriste islamiste vient de cette communauté", avait indiqué avant les débats le président républicain de la commission, Peter King.

La commission, réunie depuis mars 2011, a fait dès le début l'objet de critiques dénoncant la stigmatisation d'une communauté de 2,6 millions de membres aux Etats-Unis.

Le représentant démocrate Bennie Thompson a pour sa part déclaré espérer que cette audition ne signifiait pas que "les Etats-Unis sont en guerre contre l'islam" et "n'encouragerait pas les Américains à croire que nos concitoyens (musulmans) sont dangereux à cause de leur religion".

Le représentant démocrate Al Green a ajouté qu'il ne "s'opposait pas à une audition sur la radicalisation" mais qu'il était contre des "auditions qui ne parlent pas de toutes les radicalisations. Il y a des chrétiens qui se radicalisent, pourquoi pas d'audition sur la radicalisation des chrétiens ?".

Les personnalités musulmanes interrogées mercredi étaient elles-mêmes divisées sur le bien-fondé d'une telle audition.

Si certains accusent cette audition "d'être islamophobe, je la vois plutôt vraiment islamophile", a indiqué Mme Qanta Ahmad, professeur à l'université de New York. En revanche, pour Faiza Patel, directrice du Centre Brennan pour la justice de la faculté de droit de New York, a estimé que "débattre de l'islam n'était pas du ressort du gouvernement".

Mme Patel a par ailleurs affirmé que "toutes les études de terrain ont montré que le recours à la violence n'était pas répandu chez les musulmans américains".

ff/mdm

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