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Grèce: Antonis Samaras prend la tête d'un gouvernement de coalition

20/06/2012 06:02 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Après plus de six semaines d'incertitude politique, la Grèce va finalement pouvoir se doter d'un gouvernement, dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Un accord de coalition a été conclu mercredi entre trois partis qui acceptent les mesures d'austérité imposées au pays en échange de l'aide internationale.

Trois jours après les nouvelles législatives, Antonis Samaras, 61 ans, chef de Nouvelle démocratie (ND), a prêté serment mercredi après-midi pour devenir premier ministre.

Il prendra la tête d'un gouvernement qui réunira son parti conservateur, arrivé en tête du scrutin avec 129 des 300 sièges du Parlement monocaméral, les socialistes du PASOK, troisièmes avec 33 sièges, et le petit parti de la gauche démocratique. Cette petite formation de 17 élus, opposée aux coupes budgétaires, a accepté de participer à la coalition.

«Je demanderai au nouveau gouvernement qui sera formé demain de travailler dur pour que nous puissions offrir un espoir concret à notre peuple», a dit le nouveau premier ministre devant la presse, en sortant du palais présidentiel.

Antonis Samaras devait s'entretenir mercredi soir avec le ministre sortant des Finances Giorgos Zanias, le chef du PASOK Evangelos Venizelos et celui de la Gauche démocratique Fotis Kouvelis. Les discussions sur la composition du nouveau gouvernement devaient normalement s'achever avant jeudi.

L'accord de coalition met fin à plus de six semaines d'une incertitude politique qui menaçait de précipiter la zone euro dans une crise plus profonde encore, aux répercussions mondiales. Le scrutin de dimanche, convoqué après que les principaux responsables politiques avaient échoué à former un gouvernement, faisait figure de référendum sur le maintien de la Grèce parmi les 17 pays de la zone euro.

Arrivée deuxième des législatives de dimanche, avec 71 sièges, Syriza, la Coalition de la gauche radicale, voulait annuler les conditions imposées à la Grèce en échange des deux plans de sauvegarde de quelque 240 milliards d'euros accordés par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) pour lui éviter une faillite.

S'ils ne veulent pas les supprimer, Antonis Samaras et le chef du PASOK Evangelos Venizelos ont tout de même promis de tenter de renégocier une partie des mesures d'austérité drastiques imposées en échange de l'aide internationale.

Les deux partis veulent aussi allonger d'au moins deux ans les délais pour mettre en oeuvre les nouvelles coupes budgétaires promises pour un total de 14,5 milliards d'euros.

Mercredi, Evangelos Venizelos a précisé que le pays serait représenté lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe jeudi par le ministre des Finances sortant, Giorgos Zania. Cette réunion «sera la première grande bataille sur la révision de l'accord de renflouement, pour la création d'un cadre qui nous permettra de retrouver la croissance et combattre le chômage qui est le grand problème de la société grecque», a-t-il dit.

Le chef de la Gauche démocratique, Fotis Kouvelis, est allé un peu plus loin mercredi en estimant que la Grèce devrait à terme se «désengager» des engagements d'austérité et «lever ces mesures qui ont littéralement saigné à blanc la société» grecque.

Depuis deux ans et demi, les Grecs ont supporté des baisses régulières de leurs revenus, des hausses d'impôt et une dégradation des services publics, sur fond de chômage galopant.

Les premières législatives du 6 mai dernier, qui n'avaient pas permis de dégager de majorité gouvernementale, comme celles du 17 juin, ont été marquées par la percée des partis anti-austérité qui veulent revenir sur les douloureux engagements pris par la Grèce en échange des prêts.

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