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Syrie: le CICR va évacuer des civils, prochaine rencontre Clinton-Lavrov

20/06/2012 12:16 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé mercredi qu'il tentait d'évacuer les civils de la ville syrienne de Homs après avoir reçu le feu vert des autorités et des rebelles, qui ont fait subir de lourdes pertes à l'armée dans les combats.

Sur le front diplomatique, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton rencontrera la semaine prochaine son homologue russe Sergueï Lavrov à Saint-Pétersbourg, au moment où Washington et Moscou peinent à trouver un terrain d'entente sur la Syrie où les violences ont encore tué 63 personnes dont 29 soldats, 28 civils et six insurgés.

A Homs, troisième ville de Syrie où les poches rebelles sont pilonnées sans relâche, "le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien sont prêts à entrer dans la Vieille ville de Homs et les quartiers de Qarabees, Qoussour, Jurat al-Shayyah et Khaldiyé" pour évacuer notamment les blessés, a annoncé l'organisation internationale.

Selon le CICR, le régime et l'opposition "ont donné les assurances qu'ils allaient respecter" une "pause temporaire" demandée la veille par l'organisation .

Des centaines de civils sont bloqués dans la Vieille ville de Homs, ne pouvant ni fuir les combats ni trouver un refuge sur place en raison des combats, selon l'organisation.

Selon Abou Bilal, un militant à Homs, "il n'y a plus de farine pour faire le pain" et "littéralement plus rien à manger" dans la Vieille ville de Homs.

"Tous les jours, de nombreuses personnes sont blessées par les bombardements, et nous ne pouvons rien faire pour eux car nous n'avons rien pour les soigner" a-t-il déclaré à l'AFP via Skype. "Les familles, les femmes et les enfants, ne peuvent pas sortir. La situation est désespérée".

Un autre militant à Rastane, localité de la province de Homs que les forces gouvernementales tentent de reprendre depuis plusieurs mois, a indiqué que "80% des habitants ont fui la ville, où "il n'y a pas d'électricité ni pain et nous survivons grâce à de petites quantités de nourriture qui arrivent des villages voisins". La plupart des maisons ont été détruites, affirme ce militant, Ammar Ibn al-Rastane.

Par ailleurs, au moins 29 soldats ont été tués notamment dans des combats dans les régions de Lattaquié (nord-ouest) et de Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée perd au moins une dizaine d'hommes chaque jour dans les combats avec les rebelles qui se sont multipliés ces derniers mois. Elle n'en poursuit pas moins ses bombardements des villages et villages rebelles, que ce soit à Rastane (centre), Atareb (nord) ou encore Daël (sud).

Malgré la suspension de ses activités, la mission des observateurs de l'ONU --qui expire le 20 juillet-- va rester en Syrie, le général Robert Mood --chef de la Misnus-- jugeant qu'il s'agit d'une "obligation morale".

Cette mission entrait dans le cadre du plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, qui prévoyait notamment un cessez-le-feu mais qui est resté lettre morte.

Selon lui, la première condition pour la reprise des opérations est une "importante" réduction du niveau des violences, en plus de l'engagement du régime comme des rebelles à respecter la sécurité et la liberté de mouvement des observateurs.

Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, plus 14.400 personnes ont péri en Syrie, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Un journaliste italien de l'agence Ansa, Claudio Accogli, a échappé mercredi à un attentat à Deraa (sud), alors que les rares correspondants étrangers sur place travaillent déjà dans des conditions difficiles en raison des restrictions imposées aux médias par les autorités.

Les divergences persistent entres les grandes puissances à propos de la Syrie, poussant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à appeler les 15 membres du Conseil de sécurité à s'unir, faute de quoi, "le jour viendra où il sera trop tard pour arrêter cette spirale" de la violence.

Le président américain Barack Obama a admis qu'il n'était pas possible de "dire à ce stade que les Russes et les Chinois sont acquis à notre cause", tandis que son homologue russe Vladimir Poutine a estimé que "personne n'avait le droit de décider pour d'autres pays qui devrait être au pouvoir ou pas".

Pour sa part, l'Union européenne prépare un nouveau train de sanctions contre la Syrie.

Dans les pays voisins, les réfugiés syriens exprimaient leur colère face à ce qu'ils qualifient d'apathie internationale: "On regarde la télévision, on voit ces massacres. Pourquoi n'y a-t-il pas de réaction ? Le monde est silencieux et je me demande pourquoi", s'élève Fatma Numan, dans le camp de Kilis, dans le sud-est de la Turquie.

"Dans les pays européens, même les animaux ont des droits", gronde Ahmad Alage.

Dans ce contexte, l'actrice américaine Angelina Jolie a fait don de 100.000 de dollars au Haut commissariat pour les réfugiés pour soutenir l'aide aux réfugiés syriens.

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