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20/06/2012 03:48 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Soudan: un plan d'austérité pour économiser 1,5 milliard de dollars

Le Soudan a annoncé mercredi les détails d'un plan d'austérité destiné à réduire les dépenses publiques de 1,5 milliard de dollars alors que le pays s'enfonce dans une crise économique majeure qui touche directement les plus pauvres.

Le ministre des Finances, Ali Mahmoud al-Rassoul, a annoncé devant le Parlement que les prix des carburants allaient augmenter de 12,5 à 60%, le gouvernement envisageant de supprimer certaines subventions.

Les impôts sur les bénéfices des banques vont également croître de 15 à 30% et la TVA de 15 à 17%, a-t-il ajouté, alors que les dépenses administratives du gouvernement seront réduites de 25%.

Le gouvernement va aussi dévaluer la monnaie locale, de 2,7 livres soudanaises (SDG) pour un dollar (USD) à 4,4 SDG, la rapprochant ainsi du taux du marché noir qui avoisine les 5,5 SDG pour un dollar.

Dans son dernier rapport publié fin mai, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que le Soudan faisait face à des défis économiques "redoutables".

Les rébellions dans les régions frontalières du sud, et surtout les combats d'avril à Heglig, principal champ pétrolier du pays, ont encore aggravé ces difficultés.

L'inflation a atteint officiellement 28% en avril et 30% en mai, mais certains économistes pensent que le chiffre réel est en fait supérieur à 40%.

Des économistes et certains membres du Parti du congrès populaire au pouvoir ont mis en garde contre le coût social et politique d'une suppression des subventions sur les carburants.

Le ministre, qui avait reconnu la semaine dernière que la suppression des subventions était la décision d'un "Etat en banqueroute", a admis mercredi que le nouveau budget affecterait "surtout les pauvres" et les secteurs de production, dans le court terme.

Mais selon lui, ces mesures permettent d'économiser 6,62 mds SDP (1,5 md USD) et réduire le déficit budgétaire à 2,64 mds SDP (600 M USD).

L'envolée des prix des denrées alimentaires a provoqué des manifestations ces derniers jours à Khartoum, où la police anti-émeute a fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques pour disperser des étudiants mercredi.

Face aux difficultés économiques, le président Omar el-Béchir a annoncé lundi avoir "décidé d'augmenter les impôts et supprimer 100 postes au gouvernement fédéral et 200 dans les gouvernements locaux".

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