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Petite leçon de FMI à usage interne en Afrique du Sud

20/06/2012 11:29 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

La présidence sud-africaine a expliqué mercredi le fonctionnement d'un engagement vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI) face aux critiques internes sur la somme de deux milliards de dollars engagée en concertation avec la Chine et l'Inde lors du sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique.

"Il semble qu'il y ait beaucoup de confusion sur la raison et les implications de l'engagement pris par l'Afrique du Sud de soutenir les ressources du FMI", a exposé la présidence dans un communiqué.

"En fait, il s'agit initialement d'un simple engagement de soutien au FMI en cas de besoin, et cela reste dans nos réserves de change. Si le FMI utilise ces fonds, l'argent est prêté au FMI, et non donné", a-t-elle ajouté.

"Le capital de ce prêt sera au final remboursé à l'Afrique du Sud. C'est comme prêter de l'argent à une banque très forte et pas un prêt risqué", a-t-elle insisté.

La présidence a aussi dû expliquer que les deux milliards de dollars engagés auprès du FMI n'étaient pas destiné uniquement à l'Europe, mais pourraient servir y compris à l'Afrique du Sud, qu'ils n'entraînaient pas de dépense budgétaire, et que l'Afrique du Sud faisait "son devoir".

"Il n'y a pas que des économies développées qui contribuent (...) La Chine a un revenu par tête bien plus faible que l'Afrique du Sud, et a mis de côté 43 milliards de dollars. L'Inde, considérablement plus pauvre que l'Afrique du Sud et que la Chine, a alloué 10 milliards de dollars", a-t-elle détaillé.

La démarche de Pretoria a été critiquée par les syndicats locaux, regroupés dans la confédération Cosatu qui y voient une façon de courtiser les grandes puissances, en jouant "les bons garçons".

"La réalité est que l'Afrique du Sud est une économie parmi les plus en difficulté du monde, avec des niveaux massifs de chômage, pauvreté et inégalités, bien plus élevés que dans n'importe quel pays du G20, et elle aurait davantage vocation à être bénéficiaire que contributeur", selon le Cosatu.

L'Afrique du Sud, seul pays africain membre du G20, souffre du marasme de la zone euro, alors qu'un bon quart de son commerce extérieur est réalisé avec l'Union européenne à 27, devant la Chine (12%).

Sa croissance ne devrait pas dépasser les 2,7% cette année.

"Si l'économie mondiale rechute fortement, il y a un risque sérieux que nous perdions encore plus d'emplois, après un million déjà perdus lors de la dernière récession mondiale. Notre contribution au FMI est destinée à essayer de conjurer la crise de recommencer", a justifié la présidence sud-africaine.

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