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Norvège: les procureurs doivent prendre position sur l'état mental de Breivik

20/06/2012 05:25 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

OSLO - Après près de dix semaines de témoignages déchirants, les procureurs au procès d'Anders Behring Breivik, l'auteur auto-proclamé de l'attentat d'Oslo et la tuerie d'Utoya l'été dernier, diront jeudi s'ils pensent que l'accusé est sain d'esprit ou non.

Le procureur Svein Holden a indiqué à des journalistes, mercredi, que la décision avait déjà été prise. Les procureurs ont toutefois refusé de dévoiler cette décision à la veille des plaidoiries finales dans un procès qui tient en haleine toute la Norvège depuis la mi-avril.

Les juges prendront ensuite la décision finale sur la santé mentale de Breivik en prononçant leur verdict, attendu pour juillet ou août.

Breivik, qui se décrit comme un militant antimusulman, a admis être l'auteur de l'attentat et de la tuerie ayant fait 77 victimes le 22 juillet dernier, et sa culpabilité n'est donc pas remise en cause. Il faut plutôt déterminer si l'homme âgé de 33 ans doit être emprisonné ou interné dans un institut psychiatrique.

Des semaines de témoignages ardus d'experts en santé mentale laissent croire que la décision n'a pas été facile à prendre, et le comportement de Breivik en cour n'a en rien aidé à comprendre son état.

Au terme de l'audience de mercredi, au tribunal d'Oslo, au cours de laquelle des experts ont décrit les traumatismes psychologiques dont souffrent les survivants et les proches des victimes des attentats de juillet, Breivik s'est plaint de ne pas recevoir assez d'attention sur sa propre souffrance de voir la Norvège se muer en une société multiculturelle.

«Cette affaire concerne l'avenir de la Norvège, celui de l'Europe, et ce sont des thèmes qui auraient dû être abordés», a-t-il déclaré, ajoutant que c'était «une expérience traumatisante que d'être stigmatisé comme un islamophobe étroit d'esprit et extrémiste de droite».

Breivik affirme que la Norvège et l'Europe sont colonisées par les musulmans, qui représentent environ deux pour cent de la population norvégienne. Il soutient aussi avoir sélectionné ses cibles — un édifice gouvernemental important et un camp d'été de l'aile jeunesse du Parti travailliste au pouvoir — afin de sévir contre les forces politiques, qui, dit-il, ont trahi le pays avec des politiques libérales en matière d'immigration.

Les procureurs doivent présenter leurs derniers arguments ce jeudi, et la défense aura la chance de les commenter dans ses plaidoiries finales le lendemain. La défense devrait à nouveau faire valoir les propos de Breivik, soutenant qu'il est sain d'esprit et que la dimension psychiatrique de son procès détourne l'attention de son message politique.

Le comité de cinq magistrats aura alors au moins un mois pour délibérer, avant de rendre son verdict.

S'il est jugé psychotique, Breivik sera interné dans un institut psychiatrique; s'il est déclaré sain d'esprit, il est passible d'une peine de 21 ans de prison, soit le maximum prévu par la loi norvégienne.

Breivik pourrait toutefois être détenu plus longtemps s'il est considéré comme une menace à la sécurité de la société.

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