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Nigeria/attentats: cesser de verser le sang, éviter les vengeances (Benoît XVI)

20/06/2012 07:47 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Le pape Benoît XVI a lancé un appel pressant mercredi aux "responsables des violences" au Nigeria "pour qu'ils cessent de verser le sang d'innocents" et à "toutes les composantes sociales" du pays pour qu'elles évitent les vengeances.

"Je lance un appel aux responsables des violences pour qu'ils cessent immédiatement de verser le sang de tant d'innocents", a déclaré le pape lors de l'audience générale au Vatican.

Il a aussi "souhaité la collaboration de toutes les composantes sociales pour qu'elles n'empruntent pas le chemin de la vengeance", après les attentats du groupe islamiste Boko Haram et le cycle de représailles entre chrétiens et musulmans qui ont fait une centaine de morts depuis dimanche.

Dimanche, des attentats, revendiqués ensuite par Boko Haram, avaient visé à nouveau des églises dans l'Etat de Kaduna (nord), et provoqué des représailles de jeunes chrétiens contre des musulmans.

Devant 8.000 fidèles du monde entier réunis à l'abri de la chaleur torride dans la salle Paul VI, Benoît XVI a demandé instamment que "tous les citoyens nigérians coopèrent à la construction d'une société pacifique et réconciliée, dans laquelle le droit de professer librement sa propre foi soit pleinement garantie".

L'Association chrétienne du Nigeria, principale organisation chrétienne du pays, avait accusé mardi Boko Haram d'avoir "déclaré la guerre" aux chrétiens dans le Nord du pays, et de vouloir procéder à un "nettoyage religieux systématique". Elle avait critiqué aussi la "faiblesse" de la réaction du président Goodluck Jonathan.

Pays le plus peuplé d'Afrique (160 millions d'habitants), le Nigeria est divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud à dominante chrétienne plus riche grâce au pétrole. Il est régulièrement le théâtre de sanglantes violences inter-communautaires.

Les évêques nigerians ont lancé plusieurs appels à ne pas répondre à la violence par la violence, et exprimé leur conviction que ces attaques sont motivées par des ambitions politiques utilisant le prétexte de la religion.

Le Saint-Siège s'inquiète de l'extension des violences anti-chrétiennes dans divers pays du monde, dues principalement à l'islamisme radical, notamment en Afrique où une bonne coexistence s'était établie entre musulmans et chrétiens.

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