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La police soudanaise réprime violemment des manifestations étudiantes

20/06/2012 11:32 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

La police soudanaise a dispersé à coups de matraque et de gaz lacrymogènes des étudiants qui manifestaient à Khartoum et dans les alentours contre le régime pour le cinquième jour consécutif, selon des témoins oculaires.

Ces manifestations, qui ont commencé samedi dernier dans différents quartiers de Khartoum, surviennent au moment où le pays traverse des difficultés économiques, entraînant une augmentation du niveau de vie et des mesures d'austérités.

Des groupes d'étudiants rassemblés dans les rues autour de l'Université de Khartoum, dans le centre ville, ont scandé "Khartoum, soulève toi!" ou encore "Le peuple veut changer le régime!".

La police a répondu en tirant des grenades de gaz lacrymogène. Selon un témoin, des hommes en civil, armés de fouets, de matraques et portant parfois des masques ont fermé la rue longeant le site principal de l'université.

Non loin, devant une école de commerce privée, la police anti-émeute a également dispersé de force une centaine d'étudiants qui tentaient de bloquer une artère de la capitale.

Et à Omdurman, ville voisine de Khartoum, des centaines d'étudiants ont manifesté devant l'université Ahlia, dénonçant l'importante augmentation des prix et réclamant un changement de régime, selon d'autres témoins. Là encore, la police a tiré des gaz lacrymogènes et certains manifestants ont répliqué en jetant des pierres.

Dans un autre quartier d'Omdurman, Thawra, environ 200 protestataires se sont rassemblés, ont indiqué des témoins.

Lundi, le président Omar el-Béchir avait annoncé une augmentation des impôts, des suppressions de postes dans le secteur public ainsi que la fin des subventions sur le carburant.

Environ 200 étudiants avaient manifesté mardi dans la capitale, bloquant des rues et scandant des slogans hostiles au régime avant d'être violemment réprimés.

Les forces de sécurité semblent particulièrement promptes à réprimer les manifestations qui se déroulent aux abords de l'université de Khartoum d'où était partie en 1964 la "Révolution d'octobre" qui avait conduit à l'époque à la chute de la dictature militaire.

Un correspondant de l'Agence France-Presse a été arrêté mardi par les forces de sécurité puis maintenu en garde à vue pendant douze heures après avoir couvert les manifestations étudiantes à Khartoum.

Le Soudan, qui a perdu les trois-quarts de ses revenus pétroliers avec la sécession du Soudan du Sud en juillet 2011, a vu sa monnaie s'effondrer.

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