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20/06/2012 10:02 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

La météo pourrait venir brouiller les cartes au Championnat de Montréal

MONTRÉAL - La majorité des golfeurs connaissent du succès lorsqu'ils maîtrisent ce qu'ils peuvent contrôler, comme leur coup de départ ou leur jeu sur les verts.

Les caprices de Dame Nature n'entrent pas dans cette catégorie.

La vague de chaleur qui sévit sur la région métropolitaine cette semaine pourrait venir brouiller les cartes au Championnat de Montréal 2012, disputé à compter de vendredi au club de golf de la Vallée du Richelieu, ont admis les golfeurs québécois à l'aube de la compétition.

Selon Environnement Canada, les températures maximales s’élèveront au-delà des 30 degrés Celsius mercredi et jeudi, avec un indice humidex qui pourrait dépasser 40. Un avertissement de chaleur et d'humidité accablantes a même été émis.

Le directeur du tournoi, David Skitt, a aussi apporté de l'eau à leur moulin ces derniers jours en rappelant que les verts du parcours n'ont pas été arrosés depuis un certain temps déjà et que l'herbe longue n'a pas été coupée non plus. Les conditions sont donc toutes réunies pour faire de cette compétition un véritable test de golf.

L'état des verts est au coeur des préoccupations des golfeurs, car ceux-ci pourraient s'assécher très rapidement au fil de la semaine et, par conséquent, devenir très peu réceptifs aux coups d'approche.

«Les verts nous font vraiment peur, parce que leur rapidité est déjà beaucoup plus prononcée que celle à laquelle nous sommes habitués ici au Québec, a confié Jean Laforce, qui a obtenu son laissez-passer pour le tournoi en remportant un tournoi de qualification à Beloeil. Au tournoi de qualification pour l'Omnium senior des États-Unis l'an dernier à Syracuse, les verts étaient à 13 sur l'échelle Stimpometer (ndlr: la moyenne est de 8,5 sur les verts au Québec), et c'est la raison pour laquelle aucun golfeur québécois ne s'est qualifié.

«Bref, le point d'interrogation ce sont les verts, parce qu'ils ne sont pas arrosés. Alors j'imagine que si c'est venteux et qu'il fait extrêmement chaud, les verts vont devenir encore plus rapides et durs. Il faudra alors changer notre plan de match, peut-être dimanche, tout dépendant de l'emplacement des drapeaux. Il va falloir être prudent.»

Ces températures estivales anormalement élevées ne feront pas que des malheureux parmi les compétiteurs puisque Claude Tremblay, du club Le Boisé, et Marc Girouard, du club Le Diamant, considèrent davantage cette possibilité comme un don du ciel.

«Ce sera difficile mais, à cause de mes problèmes de dos, la chaleur va m'aider beaucoup, a confié Tremblay. Je suis habituellement obligé de me mettre des compresses d'eau chaude pour me détendre les muscles du bas du dos, alors plus ce sera chaud mieux ce sera.

«Cependant, j'ai joué une ronde d'entraînement ici jeudi dernier et les verts étaient déjà très durs. Alors je souhaite quasiment qu'il pleuve, sinon ça va devenir très difficile. Et puis, je ne suis pas un long frappeur, ce qui fait que je devrai utiliser des fers longs pour tenter d'accéder aux verts, et en conséquence ma marge de manœuvre deviendrait beaucoup plus étroite (que les autres golfeurs) si les verts deviennent très secs. Au Québec, c'est très rare de rencontrer des verts comme ça.»

Girouard y voit même une opportunité de rétrécir l'écart par rapport aux golfeurs du circuit des Champions.

«Moi, je souhaite que la compétition se joue dans les conditions les plus difficiles, parce que plus c'est difficile, plus mon score est bas, a expliqué Girouard. Quand les conditions sont extrêmes, je pense que ça nous force à être là mentalement et, sans compter d'histoire, plus ce sera ardu mieux on pourra se positionner au classement.»

Il a d'ailleurs souligné qu'à ce chapitre les golfeurs du circuit des Champions bénéficient d'un avantage puisqu'ils négocient constamment avec la chaleur et des verts très rapides, comparativement aux représentants du fleurdelisé qui ne disposent généralement que de quelques jours avant la compétition pour s'y habituer.

Il est à noter cependant que les prévisions météorologiques font état d'un retour aux normales saisonnières pour les rondes du week-end, accompagnées de possibles averses qui pourraient donner encore plus de fil à retordre aux golfeurs.

Un parcours méconnaissable

L'événement est par ailleurs en véritable transition cette année puisqu'il sera disputé pour la première fois à Sainte-Julie, sur un parcours Verchères rénové à grands frais entre 2006 et 2008. Les deux premières éditions ont été présentées au club de golf Le Fontainebleau de Blainville.

En ce sens, Laforce a admis que très peu de golfeurs ont eu la chance de l'arpenter, à la recherche d'un avantage sur leurs adversaires.

«Je l'ai joué une fois, il y a deux ans, et honnêtement je ne l'ai pas reconnu tellement il a été remodelé, a admis le golfeur de 53 ans, auteur de 45 victoires sur la scène provinciale. Ils ont ajouté beaucoup de fosses de sable, surtout dans les allées, et ils ont refait les verts, alors je ne connais pas vraiment le parcours. Je vais devoir étudier mon livre des distances très étroitement ce soir dans ma chambre d'hôtel afin d'être prêt pour le tournoi.

«Il est également plus court que le Fontainebleau, bien que la balle y roule moins bien qu'à cet endroit-là. Je crois que les joueurs vont s'en rendre compte et que les pointages vont être plus élevés. L'an passé, ça s'est gagné à moins-21, alors cette année selon moi ça sera plutôt autour de moins-14, moins-15.»

Pour sa part, Girouard a mentionné que la nouvelle configuration du terrain ne l'intimidait pas, puisqu'il a déjà détenu le record du parcours précédent (64) pendant quelques années.

Dessiné à l'origine par l'architecte William F. Gordon, le parcours Verchères, une normale 72 de 6950 verges, s'est donc profondément métamorphosé depuis la présentation de l'Omnium canadien en 1971 et 1973, le Skins Game en 1994 et l'Omnium senior canadien en 1999. Reste à savoir si les golfeurs sauront s'y adapter.

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