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Julian Assange sera arrêté s'il quitte l'ambassade où il s'est réfugié à Londres

20/06/2012 05:24 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

LONDRES - Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, était toujours retranché mercredi dans l'ambassade d'Équateur à Londres, où il a trouvé refuge la veille en demandant l'asile politique dans ce pays.

Selon ses partisans, Julian Assange veut obtenir l'asile politique en Équateur parce qu'il refuse d'être extradé en Suède pour y être interrogé sur des allégations de crimes sexuels. Il craint également d'être accusé par les États-Unis en lien avec la divulgation par WikiLeaks de documents secrets américains, notamment sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Mais certains experts juridiques pensent que son geste est désespéré et futile.

«Il sait qu'il est arrivé au bout de la route au Royaume-Uni. Il sait qu'il sera extradé en Suède», a avancé Alex Carlile, un avocat britannique qui connaît bien les dossiers d'extradition. «Dans les faits, il n'a nulle part où aller.»

L'Australien âgé de 40 ans s'est empêtré dans de nouvelles difficultés judiciaires mardi en se réfugiant à l'ambassade équatorienne, située à quelques portes du célèbre magasin à rayons Harrods.

La police britannique a déclaré que Julian Assange avait violé les conditions de sa libération conditionnelle, qui comprennent notamment un couvre-feu nocturne. Il pourrait maintenant être arrêté. Mais les autorités britanniques admettent qu'il échappera à leur emprise tant qu'il se trouvera dans l'ambassade, considérée comme un territoire équatorien en vertu du droit international.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que les autorités britanniques «travailleraient avec les autorités équatoriennes pour résoudre cette situation le plus rapidement possible». L'ambassadrice d'Équateur à Londres, Anna Alban, a indiqué qu'elle avait eu des discussions «cordiales et constructives» avec les autorités britanniques mercredi.

Julian Assange «restera dans l'ambassade sous la protection du gouvernement équatorien» pendant que les responsables évaluent le dossier à Quito, a indiqué le gouvernement équatorien. Le président de l'Équateur, Rafael Correa, a déjà exprimé son soutien envers le patron de WikiLeaks dans le passé.

Mais selon Me Carlile, même si l'Équateur lui accordait l'asile politique, Julian Assange ne pourra pas quitter le territoire britannique.

«Il est inconcevable que le gouvernement britannique lui donne un droit de passage» vers l'aéroport, a expliqué l'avocat. «Même s'il circulait dans un véhicule diplomatique qui sortirait par la porte arrière (de l'ambassade), le véhicule serait intercepté et il en serait extrait par la police», a-t-il affirmé.

Mercredi, des policiers étaient postés devant l'édifice qui loge l'ambassade d'Équateur, dans le quartier Knightsbridge. Ils étaient accompagnés d'une poignée de manifestants qui portaient des affiches proclamant «Libérez Assange».

Julian Assange a été arrêté à Londres en décembre 2010 à la suite d'un mandat d'arrêt émis par les autorités suédoises. Depuis, il est en libération conditionnelle et conteste son extradition, mais il n'a plus de recours judiciaires depuis que la Cour suprême a confirmé son extradition en mai.

Il dément les accusations portées contre lui en Suède, affirmant être victime d'un complot politique monté par les États-Unis en représailles à la publication de documents confidentiels par WikiLeaks. Il pense que son extradition en Suède pourrait être une première étape vers son éventuel transfert vers les États-Unis.

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