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20/06/2012 07:33 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Egypte: "impératif" que la junte cède le pouvoir au vainqueur de l'élection (Clinton)

La junte militaire en Egypte doit céder le pouvoir au vainqueur de la première élection présidentielle organisée dans le pays depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, a insisté mercredi la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.

"Nous estimons qu'il est impératif que l'armée remplisse sa promesse faite au peuple égyptien de céder le pouvoir au vainqueur légitime" du scrutin de dimanche, a indiqué Mme Clinton lors d'une discussion à Washington en présence de l'un de ses prédécesseurs, James Baker.

Certaines actions des autorités militaires ces derniers jours se sont avérées "clairement gênantes", a ajouté Mme Clinton, soulignant que "l'armée doit adopter un rôle approprié qui n'est pas celui d'interférer, de dominer, ou d'essayer de corrompre l'autorité constitutionnelle".

Les militaires au pouvoir en Egypte n'ont cessé de dire "une chose publiquement puis de revenir en arrière d'une certaine manière, mais notre message à nous a toujours été le même: ils doivent respecter le processus démocratique", a martelé la secrétaire d'Etat.

"Par cela nous entendons des élections qui soient libres, justes et légitimes dont le vainqueur prenne non seulement la place de la nouvelle autorité, mais reconnaisse aussi que la démocratie n'est pas l'affaire d'une seule élection, une seule fois", a-t-elle précisé.

Peu après la fin du vote pour la présidentielle dimanche, la junte a annoncé sa volonté de remettre les clés de l'exécutif au futur président avant la fin du mois, tout en gardant pour elle le pouvoir législatif et en contrôlant d'autres verrous institutionnels au nom de "l'équilibre des pouvoirs".

Ces dispositions ont été vivement contestées par les Frères musulmans et les partis de la mouvance révolutionnaire qui les ont assimilées à "un coup d'Etat".

Peu avant les déclarations de Mme Clinton, l'annonce prévue jeudi des résultats de la présidentielle a été repoussée, prolongeant l'incertitude sur le successeur de M. Moubarak, dans le coma.

Les deux candidats, celui des Frères musulmans Mohammed Morsi et son rival, le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq, revendiquent tous deux la victoire.

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