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20/06/2012 12:52 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Afrique du Sud: un ex-général rwandais témoigne au procès de ses agresseurs

L'ex-chef d'Etat-major rwandais Faustin Nyamwasa a témoigné mercredi à Johannesburg au procès de six hommes accusés d'avoir tenté de l'assassiner en 2010, expliquant comment son chauffeur attitré l'avait trahi.

Le 19 juin 2010, l'ancien général a été touché de plusieurs balles dans l'estomac devant son domicile de Johannesburg en Afrique du Sud, où il s'était exilé depuis quatre mois, renonçant à ses fonctions diplomatiques en Inde.

Son chauffeur de confiance Richard Bachisa, aujourd'hui dans le box des accusés avec deux autres compatriotes rwandais et trois Tanzaniens, l'avait aidé à fuir le Rwanda en février 2010 où Nyamwasa craignait d'être arrêté pour des raisons politiques, après une réunion à laquelle participait le président Paul Kagamé.

"Le but de la réunion était de me persécuter", a-t-il expliqué à l'audience devant le tribunal de Johannesburg.

Son chauffeur l'a alors conduit à la frontière ougandaise, que le général a franchi à la nage, avant de gagner le Kenya puis l'Afrique du Sud qui lui a accordé l'asile temporaire.

En mai 2010, Bachisa contacta le général, disant craindre pour sa vie et celle de son épouse, et le suppliant de pouvoir le rejoindre en Afrique du Sud où l'ex-général le reprit à son service, le logeant au domicile de son beau-frère.

Les six accusés plaident non coupables. Ils sont poursuivis pour tentative de meurtre et détention illégale d'armes à feu et de munitions.

L'affaire a tendu les relations entre l'Afrique du Sud et le Rwanda, qui réclame l'ancien général pour lui faire purger une peine de 24 ans de réclusion.

Nyamwasa a été jugé par contumace par un tribunal militaire rwandais pour désertion, diffamation et menace à la sécurité d'Etat.

L'ancien général est aussi accusé de terrorisme, soupçonné d'avoir commandité une attaque à la grenade l'an dernier à Kigali durant la campagne présidentielle.

Nyamwasa est aussi accusé d'avoir orchestré l'attentat contre l'avion de l'ancien président Juvenal Habyarimana, événement déclencheur du génocide rwandais de 1994 qui a fait 800.000 morts.

Il est aussi soupçonné d'être impliqué dans la mort de civils au Rwanda et en République Démocratique du Congo, dont 2.500 réfugiés hutus.

La France et l'Espagne ont demandé à l'Afrique du Sud son extradition.

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