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Tunisie: confusion autour du sort d'un imam accusé d'avoir appelé au meurtre

19/06/2012 10:40 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

L'incertitude prévalait mardi quant au sort d'un imam de la Zitouna, plus ancienne et vaste mosquée de Tunis, accusé vendredi par le gouvernement d'avoir incité au meurtre d'artistes mais qui pourrait toutefois n'être pas interdit de prêcher, selon ses partisans.

Vendredi, Ali Lafi, conseiller politique du ministre des Affaires religieuses, avait annoncé à l'AFP que l'imam Houcine Laâbidi avait "appelé au meurtre" d'artistes et ne prêcherait "plus jamais à la mosquée Zitouna".

M. Laâbidi "n'a jamais appelé au meurtre. Il a répondu à une question théorique sur ce que prévoit la loi islamique à l'encontre des mécréants et toute la fin de son prêche a été consacrée à un appel au calme", a affirmé mardi à l'AFP Nabil Ezzedine, secrétaire général de l'Association des amis de la Zitouna.

Une trentaine de membres de l'association et de sympathisants de l'imam s'étaient rassemblés à la mi-journée devant le ministère de Affaires religieuses pour protester contre la mise en cause de l'imam.

Dans une vidéo postée lundi soir sur internet par l'Instance scientifique de la mosquée Zitouna et que l'AFP a pu visionner, l'imam Laâbidi traite les artistes de "mécréants" et affirme que la charia prévoit que ces derniers soient tués et "leur sang versé". Il ajoute cependant qu'il appartient au seul gouvernement de faire appliquer la loi et appelle les salafistes, présentés comme ses "enfants", à ne "pas tomber dans le piège de la violence".

Un responsable du ministère a affirmé à l'AFP que le gouvernement n'avait jamais autorisé - et donc pas plus interdit - l'imam Laâbidi à prêcher.

Le ministère des Affaires religieuses affirme que la désignation des prédicateurs dépend de lui, mais certains lieux de cultes, dont la Zitouna, contestent cette prérogative.

On ignorait mardi si l'imam prêcherait à nouveau ce vendredi à la Zitouna, mais ses partisans se félicitaient déjà d'un "recul du gouvernement".

L'annonce de l'interdiction de M. Laâbidi était intervenue alors que le gouvernement durcissait le ton vis à vis des extrémistes, quelques jours après le saccage d'une exposition d'oeuvres jugées blasphématoires par des salafistes, qui avait été suivi d'une flambée de violences dans plusieurs villes du pays.

ms-sb/cf/jpc

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