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Togo: l'ancien Premier ministre interrogé par la police puis relâché

19/06/2012 10:51 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Les autorités togolaises ont brièvement interpellé et interrogé mardi l'ancien Premier ministre et dirigeant de l'opposition Agbéyomé Kodjo sur son rôle présumé dans les manifestations de la semaine dernière à Lomé, a-t-on appris de sources concordantes.

"M. Agbéyomé Kodjo a été interpellé ce matin à son domicile par des forces de l'ordre. Les éléments de forces de l'ordre ont défoncé sa porte avant de l'emmener. Il est actuellement à la gendarmerie pour être entendu", a indiqué à la mi-journée à l'AFP Raphael Kpandé-Adzaré, membre du collectif "Sauvons le Togo.

"Dans le cadre de l'enquête ouverte suite aux violences volontaires, troubles à l'ordre public, destructions et dégradations consécutives aux manifestations organisées les 12, 13 et 14 juin par le collectif Sauvons le Togo, un des signataires de la déclaration à la tenue de ces manifestations, Agbéyomé Kodjo, a été interpellé ce jour par la gendarmerie", a confirmé peu après le parquet, dans un communiqué.

M. Kodjo "a été entendu comme les autres organisateurs précédemment interpellés et remis immédiatement en liberté", a précisé ce communiqué, signé du 7e substitut du procureur, Tossa Isidore Amuzu Akohouegnon.

M. Kodjo a été Premier ministre de 2000 à 2002 pendant le règne du Général-Président Gnassingbe Eyadema, qui a dirigé le Togo durant 38 ans avec une poigne de fer jusqu'à sa mort en 2005. Il a aussi été président de l'Assemblée Nationale.

Trois responsables du collectif "Sauvons le Togo" avaient déjà été interpellés samedi, après les rassemblements de l'opposition tenus dans la semaine dans le pays, et avaient été relâchés dimanche soir.

Au total 56 personnes ont déjà été interpellées durant la semaine écoulée par la police, suite à l'enquête ouverte par la justice togolaise sur les manifestations violentes de la semaine dernière à Lome. 53 sont toujours actuellement entre les mains des forces de l'ordre.

Des milliers de personnes avaient manifesté mardi et mercredi pour dénoncer notamment l'adoption par l'Assemblée nationale, où le parti du pouvoir est majoritaire, d'une loi modifiant certaines dispositions du code électoral alors qu'un scrutin législatif doit avoir lieu en octobre.

Ces manifestations avaient été dispersées par les forces de l'ordre à l'aide de grenades lacrymogènes. Au moins 34 policiers et gendarmes, ainsi que plusieurs civils avaient été blessés, selon le gouvernement.

"Sauvons le Togo" avait pour sa part enregistré 119 blessés, tous des civils.

Jeudi dernier, "Sauvons le Togo" avait affirmé ne pas avoir pu manifester à Lomé comme annoncé en raison d'un important déploiement des forces de l'ordre au lendemain du rassemblement dispersé à coup de grenades lacrymogènes

Vendredi, la France a condamné la "violence" et demandé que des mesures soient prises pour que les futures élections soient transparentes et pacifiques.

M. Kodjo a déjà été arrêté dans son pays.

Après avoir été démis de son poste de Premier ministre, il avait quitté le Togo pour la France. Les autorités l'avaient accusé de détournement de fonds alors qu'il était le responsable du port de Lomé, la capitale.

Lorsqu'il est retourné à Lomé en 2005, il a été arrêté et emprisonné pendant plus d'un mois avant d'être libéré.

Le Togo, une nation ouest africaine de plus de six millions de personnes, a été dirigée par la même famille pendant plus de quatre décennies.

A la suite de la mort de Gnassingbe Eyadema, l'armée a installé son fil Faure Gnassingbe au pouvoir en tant que président. Il a remporté les élections de 2005 et 2010.

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