NOUVELLES

Tentative d'incendie d'une mosquée en Cisjordanie

19/06/2012 05:19 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Des inconnus ont tenté mardi d'incendier une mosquée du village de Jabaa en Cisjordanie et y ont tagué des inscriptions en hébreu, selon la police et des témoins, un mode opératoire portant la marque des colons israéliens extrémistes.

Ces assaillants non identifiés ont écrit sur le lieu de culte du village, près de Ramallah, "la guerre est déclarée" et "prix à payer", a constaté un photographe de l'AFP.

"Différentes pistes sont explorées, notamment l'éventualité qu'il s'agisse d'un de ces incidents liés au +prix à payer+, c'est l'une des principales pistes sur laquelle nous allons enquêter", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld.

Des colons extrémistes pratiquent une politique de représailles systématiques dite du "prix à payer" consistant à attaquer des cibles palestiniennes, mais aussi israéliennes, chaque fois que les autorités limitent ou freinent la colonisation.

Le 5 juin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait échec au Parlement au vote d'un texte visant à contourner une décision de la Cour suprême ordonnant la démolition de cinq maisons de la colonie de Beit El bâties sur un terrain privé palestinien, en les autorisant rétroactivement.

Trois jours plus tard, des inconnus crevaient des pneus de voitures et inscrivaient des slogans antipalestiniens et en faveur de la colonisation dans le village mixte judéo-arabe israélien de Neve Shalom

Dans un communiqué, M. Netanyahu a condamné l'incendie de la mosquée comme "l'oeuvre de criminels intolérants", et s'est engagé à "agir rapidement pour les traduire en justice".

Le ministre de la Défense Ehud Barak a condamné cet "incident grave et criminel", déplorant qu'il "détourne l'armée et les forces de sécurité de leur mission, qui consiste à protéger les citoyens israéliens dans cette zone", en référence aux colons.

Les dirigeants israéliens condamnent systématiquement ces actes et s'engagent à réprimer leur auteurs, qui bénéficient de fait d'une quasi impunité.

La tentative d'incendie a également été dénoncée à Washington, où la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a "condamné dans les termes les plus forts" cet acte "odieux, dangereux et provocateur", et appelé dans un communiqué les autorités israéliennes à traduire "rapidement" les responsables devant la justice.

pho-scw-cnp-jkb/sst/tp/eg/lor

PLUS:afp