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Situation "alarmante" des populations du nord du Mali (CICR)

19/06/2012 03:47 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

L'occupation du nord du Mali par des groupes armés depuis près de trois mois et la crise alimentaire qui y sévit ont "des conséquences alarmantes" pour les populations "de plus en plus fragilisées" de cette région, a affirmé mardi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"Dans ces régions rurales semi-désertiques, beaucoup de personnes que nous avons rencontrées ont à peine de quoi survivre", indique Jean-Nicolas Marti, chef de la délégation régionale du CICR pour le Mali et le Niger, cité dans un communiqué transmis à l'AFP à Dakar.

"L'ensemble des activités économiques sont paralysées. Des dizaines de milliers de personnes, aussi bien déplacées que résidentes, manquent de nourriture et d'articles ménagers et d'hygiène de première nécessité, ainsi que d'accès aux soins", note-t-il, poursuivant: "La combinaison de la crise alimentaire et du conflit armé a des conséquences alarmantes pour ces populations".

Le CICR indique que "ces dernières semaines", ses équipes et celles de la Croix-Rouge malienne "ont pu se rendre dans des zones reculées des régions de Kidal, Tombouctou et Gao, pour la première fois depuis fin mars".

"Les pillages intervenus à la suite des combats dans les principales villes du nord du Mali, début avril, ont également touché les stocks des récoltes destinées à la consommation, à la vente et à la constitution de greniers de semences", souligne le communiqué.

Il précise que "cette situation, particulièrement difficile dans la région de Tombouctou, fragilise encore davantage les paysans, alors que débute la campagne agricole 2012-2013".

"En plus de la sècheresse, les oiseaux granivores, les criquets et la crue insuffisante du fleuve Niger risquent à leur tour d'avoir des effets dévastateurs sur la production agricole", ajoute le CICR.

Le CICR et la Croix-Rouge malienne se préparent en conséquance "à fournir une assistance en vivres et autres biens essentiels aux populations les plus vulnérables dans les trois régions du Nord", Tombouctou, Kidal et Gao.

Dans la foulée d'un putsch militaire qui a eu lieu le 22 mars à Bamako, le Nord est tombé aux mains du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) et surtout des groupes islamistes radicaux Ansar Dine et de son allié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Les secteurs de la santé et de l'éducation sont aussi très durement touchés par les conséquences du conflit" dans le Nord, note aussi l'organisation.

"La majorité des centres de santé communautaires situés en dehors des villes ne fonctionnent plus, soit parce qu'ils ont été pillés, soit parce qu'ils ont été désertés par le personnel qualifié qui y travaillait. Quant aux centres de santé encore ouverts, ils n'arrivent pas à s'approvisionner en médicaments, car le dépôt pharmaceutique régional de Gao n'est plus opérationnel, ajoute le CICR.

Il souligne qu'un "autre problème de taille est la fermeture de la plupart des écoles dans le nord du Mali. Beaucoup d'établissements scolaires ont été saccagés et les instituteurs ont dû partir. Dans cette situation, l'un des risques majeurs est l'enrôlement des enfants dans les groupes armés".

Le CICR s'inquiète en outre de la situation humanitaire qui "s'aggrave" pour les dizaines de milliers de Maliens qui ont trouvé refuge au Burkina Faso et en Mauritanie.

stb/sd

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