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Ottawa renonce à épier les conversations des voyageurs aux frontières

19/06/2012 02:01 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le gouvernement fédéral renonce pour l'instant à épier les conversations des voyageurs aux frontières après la confirmation, mardi, que deux voyageurs avaient été secrètement enregistrés à l'aéroport d'Halifax.

De nombreuses questions demeurent toutefois sans réponse concernant ce plan.

Le ministre de la Sécurité publique Vic Toews dit avoir demandé à l'Agence des services frontaliers du Canada de suspendre les opérations d'écoute jusqu'à ce qu'une étude sur les implications en matière de vie privée soit complétée.

Certains voyageurs se sont inquiétés de l'intention du gouvernement fédéral d'enregistrer les conversations des voyageurs dans les aéroports et aux postes frontaliers.

«Je partage les inquiétudes des Canadiens concernant l'impact de ces enregistrements audio en termes de respect de la vie privée, même lorsque ceux-ci ont lieu dans une zone restreinte d'un aéroport», a déclaré le ministre Toews à la Chambre des communes, pendant la période de questions.

M. Toews a pris connaissance d'une note d'information de l'Agence des services frontaliers, mardi matin, et dit ne pas avoir été satisfait à propos des gestes posés pour assurer la protection de la vie privée.

Cette volte-face survient un jour seulement après que le ministre ait pourtant défendu l'initiative.

Mardi, toujours, le Nouveau Parti démocratique (NPD) l'a accusé d'avoir retourné sa veste et d'avoir ignoré les garde-fous conçus pour protéger les informations personnelles des Canadiens.

«Rien n'a été fait pour s'assurer que ce projet d'écoute respecterait la vie privée — absolument rien. Le ministre admet désormais ce fait, et il était grandement temps», a déclaré la députée néo-démocrate Rosane Doré Lefebvre.

Celle-ci a demandé au ministre de divulguer le nombre de conversations qui ont déjà été enregistrées sans que les voyageurs ne le sachent, et de préciser la durée de la période pendant laquelle elles seraient conservées.

«Je ne suis pas au courant que des conversations privées aient été enregistrées en fonction de cette mesure», a répondu M. Toews. Cela a semblé contredire sa déclaration de lundi, où il avait souligné que l'Agence des services frontaliers «gérait des zones destinées à examiner les passagers en provenance de l'étranger arrivant dans des aéroports canadiens, y compris par de la surveillance vidéo et audio pour détecter et empêcher tout trafic illégal.»

Les droits à la vie privée des Canadiens respectueux des lois ont été protégés en tous temps, a ajouté le ministre.

L'Agence des services frontaliers du Canada n'a pas répondu aux questions.

Le bureau de la commissaire à la protection de la vie privée n'a pas encore reçu le cadre des plans de l'Agence des services frontaliers pour améliorer ses méthodes de surveillance.

«Nous sommes actuellement dans le noir quant à ce qui est véritablement envisagé, et c'est précisément cela le problème», a déclaré la commissaire adjointe Chantal Bernier.

Lorsque les premiers détails du programme sont apparus dans les médias la semaine dernière, le bureau de la commissaire a contacté l'Agence des services frontaliers, a-t-elle ajouté.

«Ils ont dit "Regardez, nous procédons à une évaluation des impacts sur la vie privée et vous la recevrez bientôt".»

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