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ONU: la situation en Syrie est devenue trop dangereuse pour les observateurs (chef de la mission)

19/06/2012 06:28 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

La violence en Syrie "augmente" et rend trop dangereuse la mission des observateurs de l'ONU dans le pays (Misnus), a déclaré le chef de cette mission le général Robert Mood mardi devant le Conseil de sécurité, selon des diplomates.

Lors de son passage devant le Conseil, le général Mood a souligné que les véhicules des observateurs avaient été la cible de "tirs directs" à 10 reprises au cours de leurs patrouilles et de "tirs indirects" des centaines de fois. Au cours des seuls huit derniers jours, neuf véhicules de l'ONU ont été touchés par des tirs, a-t-il mis en avant.

Il a jugé que les observateurs de l'ONU avaient "l'obligation morale" de rester en Syrie même si l'accroissement de la violence a conduit à la suspension de leurs patrouilles, toujours selon des diplomates.

Mais le général Mood a estimé que la reprise des patrouilles en Syrie était peu probable à moins que le président Bachar al-Assad et l'opposition ne s'engagent dans la voie de la baisse de la violence de manière claire.

Le recours aux bombes artisanales et aux snipers s'est accru, expliquant l'augmentation du nombre de victimes, a-t-il également souligné.

La Misnus tente actuellement de parvenir à un cessez-le-feu dans la ville de Homs, a encore ajouté le général Mood, selon des diplomates.

La suspension de la mission des observateurs samedi a accru la pression pour une révision de l'ensemble de la position de l'ONU dans la crise syrienne. "Cette suspension n'est pas un geste politique, mais a clairement des implications politiques", a jugé le général Mood devant le Conseil, toujours de même source.

"Nous sommes en Syrie pour résoudre une crise qui ne peut être résolue par la force. En l'absence d'un engagement clair dans la voie d'une baisse de la violence, la poursuite des tâches qui nous ont été confiées sera très limitée", a-t-il aussi déclaré.

Il a toutefois insisté sur le fait que la suspension de la mission des observateurs ne signifiait pas "l'abandon" de la Syrie. La Misnus "a l'obligation morale de ne pas s'en aller" et doit "redoubler d'efforts", a-t-il poursuivi.

Igor Pankin, ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU, a pour sa part regretté au cours de la réunion que le général Mood n'ait pas consulté le Conseil de sécurité avant de décider de suspendre la mission des observateurs, toujours selon des diplomates. Le diplomate russe a également souligné que le gouvernement de Bachar al-Assad n'était pas seul responsable des violences dans le pays.

Le Conseil de sécurité, où deux résolutions contre le régime ont déjà été bloquées par Pékin et Moscou, se réunissait au lendemain d'un appel du président américain Barack Obama et de son homologue russe Vladimir Poutine à un "arrêt immédiat" des violences "afin de mettre un terme à l'effusion de sang".

La révolte en Syrie s'est militarisée face à une répression brutale. En 15 mois de révolte, plus 14.400 personnes ont péri, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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