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Nigeria: couvre-feu à Damaturu, théâtre de nouveau tirs (officiels et habitants)

19/06/2012 07:40 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

La ville de Damaturu dans le nord-est du Nigeria, a été placée mardi sous couvre-feu pour 24 heures alors qu'elle était le théâtre de nouveau tirs dans des rues désertées par la population, ont indiqué mardi des responsables et des habitants.

"En raison de la situation sécuritaire qui prévaut dans la ville, le gouverneur a approuvé l'imposition immédiate d'une couvre-feu de 24 heures dans la ville de Damaturu", ont indiqué des responsables locaux dans un communiqué.

Des habitants ont déclaré être confinés dans leurs maisons en raison de la violence des tirs dans les rues de Damaturu, capitale de l'Etat de Yobe, déjà attaquée par le groupe islamiste Boko Haram fin 2011.

Un haut responsable de l'hôpital de Damaturu a indiqué à l'AFP que les tirs qui ont débuté lundi avaient fait des victimes, mais que les rues de la ville étaient trop dangereuses pour que les secouristes s'y rendent.

"Nous sommes enfermés dans l'hôpital depuis hier. Nous ne pouvons pas sortir parce que c'est trop dangereux. La morgue est vide bien qu'il y ait des cadavres dans les rues", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat.

"Les combats se poursuivent dans plusieurs endroits de la ville et les rues sont totalement désertées", a-t-il précisé.

L'armée nigériane avait expliqué lundi que les violences avaient éclaté à Damaturu après l'arrestation d'un membre présumé de Boko Haram.

"Nous avons arrêté un membre présumé de Boko Haram avec des bombes (..) ce qui a entraîné une réaction bien coordonnée d'éléments de Boko Haram qui ont commencé à tirer dans tous les sens et à lancer des explosifs", a déclaré le Colonel Dahiru Abdussalam, commandant de la force militaire dans l'Etat de Yobe, dont Damaturu est la capitale.

Damaturu avait été en novembre 2011 la cible d'attaques coordonnées de Boko Haram, qui avaient fait près de 150 morts. En décembre, la ville avait été le théâtre de nouvelles attaques des militants islamistes, suivies par une violente répression des forces de sécurité.

Dimanche, des attentats ont visé trois églises dans la région de Kaduna (nord) et provoqué des représailles de chrétiens, dont le bilan total est de 52 morts et 150 blessés. Boko Haram a revendiqué ces attaques.

Boko Haram multiplie depuis mi-2009 les attentats, notamment dans les villes du nord, qui ont fait plus d'un millier de morts. Ces attaques visent essentiellement les membres des forces de sécurité, les responsables gouvernementaux et les lieux de culte chrétiens.

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