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Mali: la médiation poursuit ses discussions avec les islamistes d'Ansar Dine

19/06/2012 12:00 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Des proches du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, ont poursuivi mardi à Ouagadougou les discussions avec une délégation du groupe islamiste Ansar Dine, qui contrôle avec d'autres mouvements armés le nord du Mali.

"Nous poursuivons les échanges avec eux pour mieux leur expliquer notre position et celle de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédeao)", a indiqué à l'AFP un proche de M. Compaoré venu retrouver la délégation dans un grand hôtel de la capitale.

A l'issue d'une rencontre lundi avec M. Compaoré, médiateur de la Cédéao, la délégation d'Ansar Dine avait annoncé accepter la médiation du président burkinabè qui, de son côté, a appelé ce groupe à rompre avec les "terroristes" d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ses grands alliés dans le Nord malien.

"Nous demandons au monde de nous comprendre, (...) nous nous battons au nom d'Allah. Nous, on n'est pas Al-Qaïda. L'islam interdit de prendre quelqu'un en otage" ou de prendre "l'argent de la rançon d'un otage", a assuré à l'AFP Cheick Ag Wissa, porte-parole de la délégation islamiste.

Une délégation du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), la rébellion touareg supplantée dans le nord du Mali par les islamistes, se trouve aussi à Ouagadougou. Des envoyés du MNLA, mouvement d'idéologie sécessionniste et laïque, avaient rencontré M. Compaoré le 9 juin.

"Rien ne peut sortir de nos discussions tant qu'Ansar Dine réclame l'application de la charia (loi islamique) et le jihad (guerre sainte)", a affirmé à l'AFP Magdi Ag Bohada, responsable du MNLA à Gao, une grande ville du Nord malien.

Il a ajouté que son groupe avait "confiance" dans le Burkina Faso mais non dans les autorités maliennes.

La médiation souhaite arriver à un "agenda global de sortie de crise" qui se concluerait par des négociations entre groupes armés occupant le Nord malien depuis fin mars, communautés de la région et autorités de Bamako.

Pendant ce temps, la Cédéao prépare l'envoi éventuel d'une force de quelque 3.300 hommes au Mali. La France a dit mardi s'attendre à une décision rapide du Conseil de sécurité de l'ONU soutenant ce projet de l'Union africaine et de la Cédéao.

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