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Les termes des plans d'aide à la Grèce seraient renégociés, selon un responsable

19/06/2012 07:49 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

BRUXELLES - Les termes des plans d'aide à la Grèce seront renégociés en raison du contexte économique dégradé qui rend «illusoire» tout statu quo, a déclaré mardi à Bruxelles un responsable européen.

La Grèce a reçu quelque 240 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), conditionnée à des programmes d'austérité extrêmement impopulaires ainsi qu'à de nouvelles réformes structurelles.

Selon le responsable européen, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, la renégociation s'inscrira dans un cadre normal d'évaluation. Le sujet devrait être abordé lors du Sommet européen des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, à Bruxelles les 28 et 29 juin.

La ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, a déclaré pour sa part que tout changement dans les plans d'aide serait «une adaptation de nature pragmatique» après la visite à Athènes d'experts travaillant pour les principaux créanciers.

En Grèce, Antonis Samaras, chef du parti Nouvelle démocratie (ND, droite) a été mandaté lundi par le président grec pour entamer des négociations sur la formation d'une coalition gouvernementale, au lendemain de sa victoire aux législatives, devant la gauche radicale anti-austérité de Syriza.

Avec 129 des 300 sièges du Parlement monocaméral, les conservateurs de ND doivent s'allier avec les socialistes également pro-austérité du PASOK, arrivés troisièmes avec 33 députés, ainsi peut-être qu'avec la petite formation de la Gauche démocratique (17 élus), opposée aux coupes budgétaires mais disposée à faire le nécessaire pour permettre la composition d'un gouvernement fort.

Les discussions se poursuivaient mardi. Le leader du PASOK Evangelos Venizelos a rencontré celui de Gauche démocratique Fotis Kouvelis, qui a déclaré devant la presse espérer «dans les prochaines heures» un accord de coalition.

M. Kouvelis a insisté sur le fait que certaines parties du programme d'austérité devaient être révisées, affirmant que la Grèce «a été pulvérisée par des mesures impitoyables».

M. Venizelos s'est également dit optimiste à l'issue de son entretien avec M. Kouvelis. «Nos vues sont très proches. La Grèce doit avoir, et aura un gouvernement dès que possible. Nous sommes convenus qu'il faut accélérer le processus en cours», a-t-il dit.

Plus tard dans la journée, M. Venizelos a affirmé qu'un gouvernement de coalition pourrait être formé mercredi à la mi-journée avec le soutien de ND, du PASOK et de Gauche démocratique. Il a ajouté que son parti soutiendrait ce gouvernement «sincèrement et y participera de la manière la plus utile possible pour le rendre efficace et crédible».

Le PASOK réunira ses députés mercredi matin pour déterminer exactement comment le parti participera au gouvernement, a-t-il également déclaré.

Les élections législatives de dimanche faisaient figure de référendum sur le maintien de la Grèce parmi les 17 pays de la zone euro. Sa sortie pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour ses partenaires européens déjà touchés par la crise de la dette et aurait aussi un impact sur les États-Unis et le reste de l'économie mondiale.

Pour Antonis Samaras, les Grecs ont voté pour le maintien de leur pays dans la zone euro et le respect des engagements pris envers les bailleurs de fonds internationaux. Il a appelé lundi à la formation d'un «gouvernement de salut national avec autant de partis que possible». Le mandat de trois jours dont il dispose pour former un gouvernement expire mercredi.

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