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Le premier ministre pakistanais jugé inapte à remplir ses fonctions

19/06/2012 11:55 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

ISLAMABAD - La Cour suprême du Pakistan a jugé mardi que le premier ministre Yousuf Raza Gilani était inapte à assumer ses fonctions en raison d'une condamnation pour outrage. Ce verdict constitue un revers majeur pour M. Gilani, qui a toujours refusé de démissionner.

Un porte-parole du Parti du peuple pakistanais (PPP), Zaman Kaira, a affirmé que le PPP avait des «réserves» concernant ce verdict, mais il a reconnu que M. Gilani n'était «plus premier ministre». Il n'a pas dit ce que le gouvernement allait faire après ce jugement.

M. Gilani et son parti, le plus important dans la coalition au pouvoir, se sont réunis pour discuter du verdict.

M. Gilani a toujours refusé de démissionner, affirmant n'avoir rien fait de mal et accusant le président de la Cour suprême, Iftikhar Chaudry, de mener une vendetta contre son parti et lui.

Un conseiller du premier ministre, Fawad Chaudhry, a affirmé que M. Gilani continuerait à exercer ses fonctions et que la décision finale sur son statut serait prise par le Parlement.

La Cour suprême a ordonné à la commission électorale du pays de le démettre officiellement de ses fonctions, estimant qu'il n'est plus premier ministre depuis le 26 avril. Le tribunal l'avait alors reconnu coupable d'outrage pour avoir refusé de rouvrir une enquête pour corruption visant le président Asif Ali Zardari, dans le cadre d'une affaire remontant aux années 1990.

«Le bureau du premier ministre devrait être considéré comme vacant», a déclaré le président de la Cour suprême, Iftikhar Chaudry.

L'affaire au coeur du conflit avec la justice concerne des pots-de-vin présumés que l'actuel président et sa défunte épouse, l'ex-première ministre Benazir Bhutto, auraient perçu d'entreprises suisses quand cette dernière était au pouvoir, dans les années 1990.

Jugés par contumace en Suisse, ils avaient été condamnés pour blanchiment d'argent en 2003. Asif Ali Zardari avait fait appel, mais en 2008, la justice suisse a finalement renoncé aux poursuites et fermé l'enquête pénale après l'assassinat de Benazir Bhutto. Entre temps, le gouvernement pakistanais a adopté une ordonnance accordant l'immunité au président, notamment pour d'anciennes affaires de corruption.

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