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Le dépeceur canadien présumé face à la justice à Montréal

19/06/2012 11:53 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Le Canadien Luka Rocco Magnotta, auteur présumé du meurtre et du dépeçage du corps d'un étudiant chinois, devait comparaître mardi par visioconférence devant la justice à Montréal, une décision prise, selon la police, pour des raisons de sécurité.

Magnotta, 29 ans, devait comparaître à 14H30 locales (18H30 GMT) depuis le commissariat où il est détenu dans le nord de Montréal. Ce genre de comparution n'est pas inhabituelle au Canada quand l'intégrité physique d'un suspect peut être mise en danger.

"On ne veut pas le transporter au Palais de justice", a expliqué à l'AFP une porte-parole de la police de Montréal, Marie-Hélène Ladouceur. "C'est pour des raisons de sécurité et techniques", a indiqué un autre porte-parole, Ian Lafrenière, à la chaîne CBC.

Cette comparution, la première de Magnotta devant la justice canadienne, ne devrait pas être retransmise à la télévision.

Extradé par l'Allemagne, où il avait été arrêté le 4 juin au terme d'une cavale de dix jours, Magnotta est arrivé lundi soir à Montréal à bord d'un avion militaire et sous forte escorte policière. Menotté, portant un chandail vert et un pantalon foncé, il a été conduit au commissariat, où il a passé la nuit.

Il devait être interrogé par les enquêteurs avant sa comparution devant la justice. "Ca a débuté, si ce n'est pas terminé", a dit Mme Ladouceur au sujet de l'interrogatoire.

"Nous voulons trouver la dernière partie du corps", a déclaré M. Lafrenière, en référence à la tête de la victime, Lin Jun, 33 ans, qui n'a pas été retrouvée.

Ce dernier, un étudiant chinois de 33 ans, a été tué sauvagement à coups de pic à glace dans la nuit du 24 au 25 mai à Montréal. Magnotta est soupçonné d'avoir ensuite démembré son corps et d'avoir filmé puis diffusé la scène sur internet.

Avant de prendre un vol pour Paris, le 26 mai, Magnotta aurait envoyé les pieds et les mains de la victime par colis postal au siège du Parti conservateur canadien et à celui du Parti libéral, à Ottawa, ainsi qu'à deux écoles de Vancouver.

La découverte du pied et de la main envoyés à Ottawa avait rapidement permis à la police de Montréal d'établir qu'ils correspondaient au tronc de la victime, retrouvé dans une valise dans une ruelle près de l'endroit où habitait Magnotta à Montréal.

La police n'était pas en mesure de dire si Magnotta avait trouvé un avocat pour le défendre ou si la Cour en désignerait un à sa place.

Il fait face à cinq chefs d'accusation: "meurtre", "outrage à cadavre", "publication de choses obscènes", "envoi par la poste de choses obscènes" et "harcèlement criminel" à l'encontre du Premier ministre canadien Stephen Harper et d'autres personnes.

"Ça pourrait être appelé à changer", avait indiqué lundi soir Ian Lafrenière, ajoutant que d'autres chefs d'accusation pourraient être présentés.

Magnotta est passible de la prison à perpétuité.

Le Canada avait demandé son extradition à l'Allemagne. Après avoir fui Montréal pour Paris, il avait rejoint Berlin à bord d'un car, le 31 mai, jour où un mandat d'arrêt international à son encontre avait été émis par Interpol.

jl/eg

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